Où vendre ses œuvres en ligne ?
J'ai commencé à vendre mes peintures sur eBay en 2005, avant de faire de mon site mon principal canal de vente. Je partage ce que mon expérience m'a appris sur les réseaux sociaux, les marketplaces et les galeries en ligne, et pourquoi je considère le site personnel comme indispensable.
John Beckley · 17 min de lecture ·
Sommaire
- Pourquoi je considère le site personnel comme indispensable
- Les réseaux sociaux : se faire connaître et trouver ses premiers acheteurs
- Les marketplaces et les galeries en ligne : rencontrer de nouveaux collectionneurs
- Vendre à plusieurs endroits : une bonne idée, mais attention à l'organisation
- Khroma : un site d'artiste prêt à l'emploi, et une galerie en plus
- Alors, où vendre ses œuvres lorsqu'on débute ?

Site personnel, réseaux sociaux, marketplaces ou galeries d'art : quelles solutions choisir pour vendre ses créations sur Internet ? Dans cet article, je partage mon expérience après plus de vingt ans et quelque 3 700 œuvres originales vendues.
Quand j'ai commencé à vendre mes peintures sur Internet, à la fin de l'année 2005, je ne me suis pas posé énormément de questions. J'ai choisi eBay parce que c'était tout simplement ce que je connaissais. À l'époque, eBay avait le vent en poupe. Je ne sais pas si c'est encore autant le cas aujourd'hui, mais pour moi, c'était une évidence.
Et ça a fonctionné ! J'y ai réalisé mes premières ventes, puis beaucoup d'autres. Au total, j'ai vendu environ 700 œuvres originales sur eBay en deux ou trois ans.
Mais assez rapidement, j'ai aussi eu envie d'avoir mon propre espace sur Internet. Plusieurs choses avaient motivé cette envie. J'avais notamment remarqué que sur eBay, mes tableaux se retrouvaient au milieu de plein d'autres artistes et d'objets en tout genre. Et je me disais qu'avec mon propre site, ce serait différent. Les visiteurs arriveraient chez moi, dans un espace entièrement consacré à mon travail, où je pourrais présenter mes peintures comme je le souhaitais et donc éliminer toute concurrence, au moins tant qu'ils étaient sur mon site web.
Et puis, il y avait une autre raison, un peu plus amusante aujourd'hui : en 2005 ou 2006, avoir son propre site Internet, c'était la classe ! En tout cas, c'est l'impression que j'avais à l'époque.
J'ai donc créé un site à mon nom, tout en continuant à vendre sur eBay. Pendant un an ou deux, les deux ont évolué en parallèle. Petit à petit, mon site a pris de l'importance, jusqu'à devenir mon principal canal de vente. Puis j'ai finalement arrêté de vendre sur eBay, tout simplement parce que je n'en avais plus besoin.
Depuis mes débuts, j'ai vendu quelque 3 700 œuvres originales (sans compter les éditions que je propose), dont la grande majorité sur mon propre site.
Évidemment, les choses ont beaucoup changé depuis. Aujourd'hui, un artiste peut ouvrir une boutique en quelques minutes, présenter ses créations à des collectionneurs du monde entier ou faire découvrir son travail sur les réseaux sociaux sans dépenser un centime en publicité.
Reste à comprendre ce que ces différentes solutions peuvent réellement lui apporter.
Pourquoi je considère le site personnel comme indispensable
Si je devais recommencer aujourd'hui, je créerais assez rapidement un site à mon nom, même si je n'avais que quelques tableaux à présenter et aucun collectionneur.
Pas besoin de construire quelque chose de très compliqué. Un espace agréable, de belles photographies, une présentation de mon travail et la possibilité d'acheter mes peintures constitueraient déjà une excellente base.
Mais pour moi, l'intérêt d'un site personnel va bien au-delà du simple fait d'avoir une belle vitrine sur Internet.
Faire connaître son travail demande beaucoup d'efforts. Si je passe des heures à réaliser des vidéos YouTube, à publier sur les réseaux sociaux ou à développer ma notoriété, ce n'est certainement pas pour envoyer ensuite les personnes intéressées sur une plateforme qui va leur proposer les œuvres de dizaines d'autres artistes, ou même des produits qui n'ont absolument rien à voir avec la peinture.
Je préfère naturellement les accueillir sur mon propre site, où elles pourront découvrir mes tableaux, parcourir mes collections et, si elles le souhaitent, acheter directement une œuvre.
Et puis, il y a une autre raison qui me semble importante : sur les réseaux sociaux, nous restons dépendants de leurs règles et de leurs décisions. J'ai vu plusieurs personnes se plaindre sur X que YouTube avait fermé leur chaîne, parfois alors qu'elles comptaient énormément d'abonnés. Je ne connais pas les raisons de ces fermetures, mais j'imagine le coup dur pour quelqu'un qui a consacré des années à développer sa chaîne et qui la voit disparaître du jour au lendemain.
Avec mon propre site, je garde davantage de contrôle. Mon nom de domaine reste sous ma responsabilité tant que je le renouvelle, et je peux même changer d'hébergeur ou de solution technique sans perdre mon adresse. Bien sûr, cela ne met pas mon site à l'abri de tous les problèmes, mais au moins, je ne fais pas reposer toute mon activité sur des plateformes qui peuvent changer leurs règles ou leurs algorithmes du jour au lendemain.
Il y a également un autre aspect auquel j'accorde beaucoup d'importance : la relation avec les collectionneurs.
Au fil des années, certaines personnes m'ont acheté plusieurs tableaux, plus d'une dizaine pour certains, et parfois à plusieurs années d'intervalle. D'autres suivaient mon travail depuis longtemps avant de m'acheter leur premier tableau. Après tout, acheter une œuvre originale n'est pas toujours une décision immédiate. On peut apprécier le travail d'un artiste, suivre ses créations pendant des mois et attendre de trouver le tableau qui nous correspond vraiment.
Avec un site personnel, les personnes intéressées savent toujours où nous retrouver. Elles peuvent découvrir nos nouvelles peintures et éventuellement s'inscrire à notre newsletter pour rester informées de notre actualité. Cela permet de développer progressivement une véritable relation avec ses collectionneurs, au-delà d'une simple vente.
Et puis, il ne faut pas oublier l'aspect financier. Lorsqu'on vend directement depuis son site, on évite les commissions parfois importantes des plateformes et des galeries. Il reste évidemment des frais de fonctionnement et de paiement, mais la différence peut être considérable sur le prix d'une œuvre originale.
Bien sûr, posséder son propre site ne garantit absolument pas d'avoir des visiteurs. Il faut encore réussir à faire connaître son travail et à attirer des personnes susceptibles de s'y intéresser.
Et aujourd'hui, les artistes disposent de moyens particulièrement intéressants pour cela.
Les réseaux sociaux : se faire connaître et trouver ses premiers acheteurs
Instagram, Facebook, TikTok ou YouTube offrent aujourd'hui aux artistes des possibilités qui auraient été difficiles à imaginer il y a encore une vingtaine d'années. On peut faire découvrir son travail à des personnes situées à l'autre bout du monde, sans passer nécessairement par une galerie ou une plateforme de vente.
Et ce qui me plaît particulièrement avec les réseaux sociaux, c'est qu'on peut y montrer beaucoup plus que ses tableaux terminés. Les gens peuvent découvrir notre atelier, nous regarder peindre, suivre la naissance d'une œuvre ou simplement apprendre à connaître notre univers artistique. C'est une approche assez différente de celle d'une boutique où l'on présente essentiellement des créations accompagnées de leurs caractéristiques et de leurs prix.
Imaginez une personne qui tombe sur une vidéo montrant la réalisation d'un tableau. Elle regarde la peinture prendre forme, visite le profil de l'artiste, découvre ses autres créations et décide de s'abonner. Elle n'était peut-être absolument pas à la recherche d'un tableau, mais elle vient de découvrir un artiste dont elle apprécie le travail. Et c'est parfois ainsi que commence une relation qui aboutira, quelques semaines ou quelques mois plus tard, à une vente.
C'est d'ailleurs l'un des aspects intéressants de la vente d'art. Les gens n'achètent pas toujours une peinture uniquement parce qu'ils recherchent un tableau pour leur salon. Ils peuvent aussi avoir suivi sa création, s'être attachés au travail de l'artiste et avoir envie de posséder une œuvre de quelqu'un qu'ils apprécient.
Les réseaux sociaux permettent également d'échanger directement avec les personnes intéressées. On peut recevoir des commentaires, répondre aux questions et discuter avec de futurs collectionneurs sans qu'ils aient besoin de prendre rendez-vous dans une galerie.
Et parfois, la vente se présente assez naturellement.
Un artiste publie une photographie de son dernier tableau sur Instagram. Une personne lui écrit pour savoir si l'œuvre est disponible, demande quelques renseignements sur ses dimensions ou son prix et décide finalement de l'acheter.
Très bien ! Mais comment va-t-elle payer ?
La vente peut tout à fait se conclure directement par message, avec un virement bancaire ou un simple lien de paiement. Il est donc parfaitement possible de vendre ses peintures grâce aux réseaux sociaux sans posséder de boutique en ligne.
Mais si l'artiste dispose de son propre site, les choses sont encore plus simples. Il lui suffit d'envoyer le lien du tableau. L'acheteur y retrouve toutes les informations nécessaires et peut passer commande tranquillement, sans avoir à échanger une multitude de messages pour obtenir chaque renseignement.
C'est finalement une complémentarité assez naturelle : les réseaux sociaux permettent de faire découvrir son travail et de rencontrer de futurs collectionneurs, tandis que le site personnel leur offre un espace dédié pour retrouver et acheter ses œuvres, et même ensuite suivre l'expédition et laisser un avis.
Et contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, il n'est pas nécessaire d'avoir des dizaines de milliers d'abonnés pour commencer à vendre. Une communauté de quelques centaines de personnes réellement intéressées par votre peinture peut déjà permettre de réaliser des ventes. Bien entendu, avoir beaucoup d'abonnés ne garantit pas non plus de trouver des acheteurs. Tout dépend du public que l'on attire et de l'intérêt qu'il porte à notre travail.
Il ne faut pas non plus imaginer que publier quelques photographies suffira à se faire connaître. Les réseaux sociaux demandent du temps, de la régularité, et leurs algorithmes ne montrent pas systématiquement nos publications à toutes les personnes qui nous suivent.
Mais pour un artiste qui aime partager son travail, ils peuvent devenir bien plus qu'un simple outil de communication. Ils peuvent être à l'origine de nombreuses rencontres avec de futurs collectionneurs et, parfois, représenter une part importante de ses ventes.
Les marketplaces et les galeries en ligne : rencontrer de nouveaux collectionneurs
L'un des grands avantages des plateformes de vente, c'est qu'elles peuvent permettre à un artiste de rencontrer des acheteurs qui ne connaissaient pas encore son travail.
Contrairement à notre propre site, que nous devons faire connaître nous-mêmes, une plateforme possède déjà un public. Des personnes viennent y chercher des œuvres, parcourent les différentes catégories et découvrent parfois des artistes dont elles n'avaient jamais entendu parler.
C'est une possibilité intéressante, particulièrement lorsqu'on débute et qu'on ne possède pas encore de clientèle.
Il existe plusieurs types de plateformes. Certaines sont des marketplaces généralistes, sur lesquelles on trouve aussi bien des créations artisanales que des objets du quotidien. D'autres sont entièrement consacrées à l'art et s'adressent davantage aux amateurs de peinture, de sculpture ou de photographie.
Certaines permettent à presque tous les artistes de proposer leurs créations, tandis que d'autres fonctionnent sur candidature et sélectionnent les œuvres qu'elles souhaitent présenter. Quelques galeries proposent également un accompagnement commercial, avec des conseillers qui peuvent échanger avec les collectionneurs ou faciliter les ventes.
Ces différentes approches ont toutes leur intérêt. Une marketplace généraliste peut bénéficier d'une audience considérable, tandis qu'une galerie spécialisée peut attirer un public plus restreint, mais particulièrement intéressé par l'art.
Reste une question importante : parmi tous ces visiteurs, combien auront réellement l'occasion de découvrir vos tableaux ?
Parce qu'il ne faut pas confondre la fréquentation d'une plateforme avec celle de sa propre boutique. Un site peut accueillir des millions de visiteurs sans que cela se traduise nécessairement par beaucoup de visites sur vos œuvres.
Tout dépend notamment de la façon dont la plateforme les présente. Certaines créations apparaîtront dans les résultats de recherche, d'autres dans les recommandations, les sélections de la galerie ou les campagnes publicitaires. Et lorsqu'une plateforme rassemble des milliers d'artistes, réussir à se faire remarquer peut demander autant d'efforts que sur son propre site.
J'ai notamment pu le constater avec mes boutiques de pochoirs.
Dès les premières semaines d'activité de nos propres sites, les recherches naturelles sur Google nous apportaient déjà bien davantage de visiteurs que la recherche interne d'Etsy n'en avait apportés à notre boutique pendant ses premières semaines.
Et cela sans dépenser un centime en publicité Google.
Bien entendu, nous avions travaillé sérieusement notre référencement naturel, autrement dit le SEO, dès le lancement de nos sites. Sur Etsy, en revanche, nous avons rencontré davantage de difficultés pour obtenir cette visibilité naturellement et avons fini par utiliser de la publicité.
Cela ne signifie pas qu'Etsy fonctionne mal, ni qu'il est toujours plus facile d'attirer des visiteurs depuis Google. C'est simplement notre expérience, mais elle illustre assez bien pourquoi je me méfie des chiffres de fréquentation annoncés par les grandes plateformes.
D'ailleurs, je pense qu'une petite galerie peut parfois représenter une excellente opportunité. Si elle attire des collectionneurs qui apprécient précisément le type de peinture que vous réalisez, elle peut être intéressante même avec une audience relativement modeste.
De la même manière, le fait qu'une galerie sélectionne ses artistes ne signifie pas automatiquement qu'elle va promouvoir activement chacune de leurs œuvres. Être accepté et bénéficier d'une véritable mise en avant sont deux choses différentes.
Pour moi, l'important est donc de comprendre quelles possibilités une plateforme offre réellement pour faire découvrir son travail à de nouveaux acheteurs. Et ce qu'elle fait éventuellement pour accompagner les ventes.
Vendre à plusieurs endroits : une bonne idée, mais attention à l'organisation
Sur le papier, proposer ses œuvres dans plusieurs galeries en ligne semble être une excellente idée. Pourquoi se limiter à une seule plateforme alors que d'autres pourraient nous permettre de rencontrer de nouveaux collectionneurs et de réaliser des ventes supplémentaires ?
Mais personnellement, il y a quelque chose qui me freine énormément dans cette démarche : tout le travail nécessaire pour être présent sur plusieurs plateformes.
Chaque fois qu'on souhaite rejoindre une nouvelle galerie, il faut généralement créer un compte, renseigner son parcours, préparer sa présentation, puis commencer à publier ses œuvres. Télécharger les photographies, saisir les titres, rédiger les descriptions, préciser les dimensions, les techniques, les prix, les conditions de livraison… Et lorsqu'on souhaite tenter l'expérience sur une deuxième ou une troisième plateforme, il faut recommencer.
Et ce n'est pas tout ! Si vous souhaitez que vos œuvres soient bien référencées sur Google, mieux vaut éviter de copier-coller les mêmes descriptions sur toutes les plateformes. Google peut considérer ces pages comme des doublons et décider de n'en privilégier qu'une dans ses résultats. Et rien ne garantit qu'il choisira celle de votre propre site ! Il pourrait très bien mettre en avant la fiche d'une galerie à la place, envoyant ainsi les visiteurs sur cette plateforme plutôt que chez vous.
Pour limiter ce risque, il faudrait donc idéalement adapter les descriptions de vos œuvres à chaque plateforme. Encore du travail supplémentaire pour présenter exactement les mêmes tableaux !
Avec cinq ou dix tableaux, cela reste relativement raisonnable. Mais imaginez un artiste qui possède cinquante œuvres disponibles et souhaite les proposer dans quatre galeries différentes. Cela peut représenter jusqu'à deux cents fiches à créer, avec toutes les informations qui les accompagnent !
Et le plus embêtant, c'est que tout ce travail doit être effectué avant même de savoir si ces galeries nous apporteront une seule vente.
Ensuite vient la gestion quotidienne, avec une difficulté supplémentaire lorsqu'on vend des œuvres originales : chaque tableau est unique.
Si une peinture est proposée sur votre site et dans plusieurs galeries, il faut penser à la retirer de toutes les autres plateformes dès qu'elle est vendue. Sinon, vous risquez de recevoir deux commandes pour une seule œuvre. Il faut également mettre à jour les prix, ajouter les nouvelles créations et maintenir les informations de chaque catalogue.
Finalement, ce qui devait nous permettre de multiplier nos possibilités de vendre peut rapidement se transformer en un travail administratif considérable.
Et puis, il y a évidemment la question des commissions.
Certaines galeries prélèvent jusqu'à 50 % du prix de vente. Ce n'est pas rien ! Sur un tableau vendu 1 000 €, il ne reste que 500 € à l'artiste, avant ses autres frais éventuels. Il faut donc que ce montant reste intéressant par rapport au temps, aux matériaux et au travail nécessaires pour réaliser l'œuvre.
Et ce n'est pas le seul coût à prendre en compte. Une commission, même élevée, n'est prélevée que si vous vendez un tableau. En revanche, publier vos œuvres et tenir vos fiches à jour demande du temps, même si vous ne vendez rien. Sans compter les éventuels abonnements, qu'il faut payer avec ou sans ventes.
Malgré ces contraintes, je reste convaincu qu'il est intéressant de proposer ses œuvres à plusieurs endroits. Si une galerie me permet de vendre un tableau à un collectionneur que je n'aurais jamais rencontré autrement, c'est une excellente chose.
Ce que je trouve dommage, c'est de devoir consacrer autant de temps à répéter les mêmes opérations pour simplement donner à mes peintures davantage de chances d'être découvertes.
Après tout, ce sont toujours les mêmes œuvres, avec les mêmes photographies, les mêmes dimensions et les mêmes descriptions. Pourquoi faudrait-il recommencer tout ce travail à chaque fois ?
Khroma : un site d'artiste prêt à l'emploi, et une galerie en plus
Après plus de vingt ans à vendre mes peintures sur Internet, et plusieurs années passées à développer des boutiques en ligne, je connais assez bien le travail que représente la création et la gestion d'un site e-commerce. C'est notamment cette expérience qui m'a donné envie de créer Khroma.
Car il y a quelque chose que j'ai toujours trouvé dommage : lorsqu'un artiste souhaite vendre ses œuvres sur son propre site, il doit souvent commencer par apprendre à construire et à gérer un site Internet. Choisir un thème, organiser les pages, configurer sa boutique, les paiements, le référencement… Tout cela peut rapidement devenir un travail considérable, alors que son objectif est simplement de présenter et de vendre ses créations.
Avec Khroma, j'ai voulu prendre le problème dans l'autre sens : le site est déjà construit, et tout a été pensé spécialement pour les artistes.
L'artiste n'a pas besoin de se demander quelles pages créer, comment organiser sa galerie ou comment présenter ses tableaux. La structure est déjà prête, avec une page d'accueil, une présentation de l'artiste, ses œuvres et tout ce qu'il faut pour les proposer à la vente. Il peut personnaliser son site, utiliser son propre nom de domaine et se concentrer sur ce qu'il souhaite montrer, plutôt que sur la manière de construire le site lui-même.
Mais je voulais aussi simplifier quelque chose qui prend énormément de temps lorsqu'on possède beaucoup de créations : la publication des œuvres.
Car photographier un tableau est une chose. Rédiger sa présentation, renseigner ses caractéristiques et préparer les textes nécessaires au référencement en est une autre. Et lorsqu'on a trente ou cinquante tableaux à publier, cela peut vite représenter des heures de travail.
Sur Khroma, l'intelligence artificielle peut analyser les photographies d'une œuvre et proposer un titre, une description ainsi que des textes utiles au référencement, notamment les textes alternatifs des images. L'artiste peut ensuite relire, modifier ou compléter ces propositions avant de publier son tableau. Il garde le contrôle, mais il n'a plus besoin de tout rédiger à partir d'une page blanche.
Et Khroma ne se limite pas à la création d'un site personnel. Nous avons également développé la Galerie Khroma, une galerie en ligne où les visiteurs peuvent découvrir les œuvres de différents artistes.
Le fonctionnement est assez simple. Tout artiste peut créer son propre site sur Khroma, sans candidature ni sélection. En revanche, pour présenter ses œuvres dans la Galerie Khroma, il faut faire une demande et être accepté.
Une fois sa candidature acceptée, l'artiste peut choisir les tableaux de son site qu'il souhaite également proposer dans la galerie. Et c'est là que les choses deviennent intéressantes : il n'a rien à publier une deuxième fois. Les photographies, les descriptions et les autres informations sont déjà enregistrées dans Khroma.
Son tableau peut donc être proposé à la fois sur son propre site et dans la Galerie Khroma, sans avoir deux fiches différentes à gérer. Et lorsqu'il est vendu, que ce soit sur son site ou dans la galerie, il est automatiquement indiqué comme indisponible dans les deux espaces.
Nous avons également choisi de ne pas appliquer la même commission lorsque l'artiste vend directement sur son site ou lorsqu'une vente se fait par l'intermédiaire de la Galerie Khroma.
Le site personnel est proposé à 39 € HT par mois, avec une commission de 1 % HT sur les ventes directes, hors frais de paiement. Lorsqu'une œuvre est vendue par l'intermédiaire de la Galerie Khroma, la commission est de 30 % HT.
L'artiste dispose ainsi de son propre site pour développer ses ventes directes, tout en ayant la possibilité de faire découvrir certaines de ses créations à de nouveaux collectionneurs grâce à la galerie. Et surtout, sans avoir à gérer deux catalogues indépendants.
D'ailleurs, j'utilise moi-même Khroma pour mon site d'artiste. Je ne suis donc pas seulement à l'origine du projet, j'en suis aussi utilisateur. Et c'est précieux pour notre équipe : mon expérience d'artiste nous permet d'identifier concrètement ce qui fonctionne, ce qui pourrait être amélioré et les besoins auxquels Khroma doit répondre.
Je n'ai pas créé Khroma pour apprendre aux artistes à gérer des sites Internet. Je l'ai créé pour leur éviter d'avoir à le faire, et leur rendre du temps pour ce qui compte vraiment : leur art.
Alors, où vendre ses œuvres lorsqu'on débute ?
Avec toutes ces possibilités, je comprends qu'un artiste puisse avoir du mal à savoir par où commencer. Mais si je devais reprendre mon activité de zéro aujourd'hui, je sais déjà quelle serait ma première décision : créer mon propre site Internet.
Même avec seulement quelques tableaux et aucun collectionneur, je voudrais disposer d'un espace à mon nom, où présenter mon travail et permettre aux personnes intéressées d'acheter mes œuvres. Rien de très compliqué au départ, mais une base que je pourrais développer au fil du temps.
Ensuite, ma priorité serait évidemment de faire connaître mes peintures. Car avoir un site, c'est bien, encore faut-il que quelqu'un vienne le visiter !
Si je commençais sans aucune audience, je choisirais probablement un ou deux réseaux sociaux sur lesquels je me sens à l'aise pour montrer mon travail. Je m'intéresserais également aux plateformes et aux galeries susceptibles de me faire rencontrer mes premiers acheteurs.
Mais je ne passerais pas des semaines à ouvrir des comptes partout. Avant de rejoindre une galerie, je prendrais le temps de regarder les œuvres qu'elle présente, le public auquel elle s'adresse et la manière dont elle met ses artistes en avant. Si mon travail semble correspondre à son univers, pourquoi ne pas tenter l'expérience ?
À l'inverse, si je possédais déjà une communauté sur les réseaux sociaux et que je recevais régulièrement des demandes concernant mes peintures, les priorités seraient un peu différentes.
Je chercherais d'abord à faciliter les achats des personnes qui s'intéressent déjà à mon travail. Disposer d'un site avec un système de paiement serait donc une priorité immédiate. Je pourrais ensuite envisager de rejoindre certaines galeries pour toucher de nouveaux collectionneurs, sans avoir besoin de leur confier les ventes que je réalise déjà directement.
Il faut aussi tenir compte de sa personnalité et de ses envies. Certains artistes adorent partager leur processus de création en vidéo, discuter avec leur public et gérer leurs ventes. D'autres préfèrent rester davantage dans leur atelier et confier une partie de la commercialisation de leurs œuvres à des galeries.
Et je ne vois pas pourquoi il faudrait absolument faire comme tout le monde. Si vous détestez vous filmer, inutile de vous imposer des vidéos quotidiennes simplement parce que c'est à la mode. Il existe heureusement d'autres moyens de faire connaître ses créations.
Enfin, je crois qu'il est important de laisser un peu de temps aux solutions que l'on choisit, tout en observant ce qu'elles apportent réellement.
Une galerie qui réalise quelques ventes dans l'année en vous demandant très peu de travail peut être parfaitement intéressante. À l'inverse, une plateforme qui vous oblige à passer plusieurs heures chaque semaine à gérer votre catalogue, sans jamais vous apporter d'acheteurs, mérite peut-être moins d'attention.
Il ne s'agit pas nécessairement de trouver le canal qui génère le plus de ventes, mais de trouver ceux qui fonctionnent pour vous, avec le temps et les moyens dont vous disposez.
Et surtout, je ne chercherais pas à élaborer dès le départ une stratégie parfaite. Je commencerais avec mon site, quelques œuvres à présenter et un ou deux moyens de les faire découvrir. Puis je ferais évoluer les choses en fonction de mes premières ventes, des rencontres et des opportunités qui se présentent.
Après plus de vingt ans, c'est encore comme ça que je fonctionne. Ma manière de vendre mes peintures a beaucoup changé depuis mes débuts sur eBay, et elle changera certainement encore. Je serais donc bien mal placé pour vous dire qu'il existe une solution parfaite qu'il suffirait de choisir une fois pour toutes !
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