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Vendre ses œuvres en ligne : le guide complet pour les artistes
Après vingt ans et environ 3 700 œuvres vendues, je partage dans ce guide ce que j’ai appris pour vendre son art en ligne : fixer ses prix, choisir où vendre, trouver des acheteurs, présenter ses œuvres et les expédier.
John Beckley · 69 min de lecture ·
Sommaire
- 1. Que vendre en ligne quand on est artiste ?
- Ce qui se vend peut changer avec le temps
- Originaux ou éditions limitées : pourquoi je propose les deux
- Adapter son offre à sa manière de créer
- 2. Comment fixer le prix de ses œuvres ?
- Comment je calcule le prix de mes tableaux : ma formule
- Quand et comment augmenter le prix de ses œuvres
- J’ai toujours construit mon propre modèle
- Le temps passé ne suffit pas à déterminer la valeur d’une œuvre
- Le prix doit aussi rester cohérent d’un endroit à l’autre
- Une vente à 1 000 € ne laisse pas 1 000 € à l’artiste : commissions et frais
- Si je devais fixer mes premiers prix aujourd’hui
- 3. Où vendre ses œuvres en ligne : marketplace, site ou galerie ?
- D’eBay à mon propre site
- Marketplace, site personnel ou galerie : des rôles différents
- Vendre en galerie : commissions, services et visibilité
- Plateformes ouvertes ou sur candidature : deux approches différentes
- Combien coûtent les principales plateformes pour vendre son art ?
- Etsy : le fameux « 6,5 % » ne raconte pas toute l’histoire
- Une grosse commission peut malgré tout être rentable
- Quand mon propre site est devenu trop lourd à gérer
- Une première vente peut en amener beaucoup d’autres
- Le site reste indépendant de la marketplace
- 4. Comment présenter ses œuvres en ligne pour mieux les vendre
- Bien photographier ses œuvres pour les vendre en ligne
- La fiche de l’œuvre doit répondre aux questions de l’acheteur
- Il faut aussi raconter quelque chose de l’œuvre
- Écrire une bonne fiche est plus difficile qu’il n’y paraît
- Une bonne fiche peut aussi vous apporter des visiteurs depuis Google
- Le certificat d’authenticité
- Une bonne présentation ne transforme pas une mauvaise œuvre en bonne œuvre
- 5. Comment trouver des acheteurs pour ses œuvres en ligne
- SEO pour artistes : comment Google peut faire découvrir vos œuvres
- Attirer des visiteurs ne suffit pas
- Ma newsletter est aujourd’hui l’un de mes canaux les plus importants
- YouTube m’a apporté des acheteurs, mais je n’ai jamais vraiment exploité ce potentiel
- Donner aux gens une raison de vous suivre
- Les réseaux sociaux peuvent vite devenir le premier métier
- Et la publicité payante ?
- Fidéliser ses acheteurs après une vente
- Si je repartais de zéro aujourd’hui
- 6. Comment emballer et expédier une œuvre d’art
- Comment emballer un tableau pour l’expédier
- L’assurance est importante, mais le meilleur réflexe reste un bon emballage
- Pour mes éditions, je préfère laisser le laboratoire s’en charger
- Vendre à l’étranger : les États-Unis sont finalement devenus mon premier marché
- 7. Vendre ses œuvres légalement : statut, TVA, factures et droits d’auteur
- Déclarer la vente de ses œuvres : les bases en France
- TVA et vente d’œuvres d’art : les bases à connaître
- Facturer la vente d’une œuvre d’art : ce qu’il faut prévoir
- Un client peut-il changer d’avis après avoir acheté une œuvre ?
- Vendre le tableau ne signifie pas vendre les droits sur l’œuvre
- Sources officielles pour vérifier les règles
- Vous n’avez pas besoin de maîtriser tout cela avant de commencer
- Conclusion : construire autour de son art sans perdre de vue l’essentiel
- Ne cherchez pas à reproduire le parcours d’un autre artiste
- Une première vente n’est que le début
- Et surtout, continuer à faire de l’art
- Vendez votre art en ligne avec Khroma
- Questions fréquentes sur la vente d’œuvres en ligne
- Comment vendre ses œuvres en ligne quand on est artiste ?
- Où vendre ses œuvres d’art sur Internet ?
- Faut-il avoir son propre site pour vendre ses œuvres ?
- Comment fixer le prix d’un tableau ou d’une œuvre d’art ?
- Faut-il déclarer son activité pour vendre ses œuvres ?
- Comment trouver des clients pour vendre ses œuvres ?
- Comment emballer un tableau pour l’expédier ?
- Peut-on vendre ses œuvres à l’étranger ?
- Quel type d’art se vend le mieux en ligne ?
- Faut-il un certificat d’authenticité pour vendre une œuvre ?
Ce que vingt ans et environ 3 700 œuvres vendues m’ont appris.

Vendre ses œuvres en ligne soulève rapidement beaucoup de questions. Où les proposer ? Comment fixer ses prix ? Faut-il passer par une marketplace ou créer son propre site ? Comment trouver des acheteurs, présenter correctement son travail, expédier une œuvre ou vendre à l’étranger ?
Je m’appelle John Beckley, je suis artiste peintre et fondateur de Khroma. Depuis 2005, Internet accompagne pratiquement tout mon parcours d’artiste. J’y ai vendu des milliers d’œuvres et développé une chaîne YouTube qui compte aujourd’hui environ 800 000 abonnés. J’ai dû répondre à toutes ces questions au fil des années, et j’ai voulu rassembler dans ce guide ce que j’ai appris : ce qui a fonctionné pour moi, ce qui m’a posé problème et ce que je ferais différemment aujourd’hui.
À l’été 2005, je suis tombé un peu par hasard sur un documentaire consacré à la peinture sur Arte. Je ne me souviens même plus exactement de ce qui m’avait autant marqué, mais je me souviens très bien de ce que je me suis dit en le regardant :
« Je veux faire ça. »
Je n’avais aucune idée de ce que cela allait devenir. J’ai simplement commencé à peindre.
Un mois plus tard, en septembre, j’ai commencé à mettre mes tableaux aux enchères sur eBay et, à ma grande surprise, j’ai vendu mes premières œuvres autour de 100 €.
Ce n’était pas grand-chose, mais pour moi le plus important était ailleurs : chaque tableau vendu me permettait d’acheter de nouvelles toiles, de la peinture, et surtout de continuer.
Ce fut le meilleur des encouragements.
À cette période, tout s’est accéléré très vite. Je peignais parfois plusieurs tableaux par jour, et la plupart se vendaient rapidement. Les prix étaient montés autour de 300 ou 400 €, avec parfois des enchères qui atteignaient 700 ou 800 €.
Avec le recul, je sais que ce démarrage a été particulièrement rapide. J’ai probablement aussi eu la chance d’arriver sur eBay au bon moment, avec un travail qui trouvait alors son public.
Sur le moment, je ne me posais pas vraiment la question. J’avais surtout envie de peindre encore plus.
Les prix ont bien sûr continué à évoluer avec les années, tout comme mon travail. Un peu plus de vingt ans après ces premières enchères sur eBay, j’ai vendu environ 3 700 œuvres originales.
Mais à ce moment-là, tout commençait à peine.
Alors que tout fonctionnait pourtant extrêmement bien pour moi sur eBay, j’ai assez vite ressenti le besoin de créer mon propre site.
Je voulais simplement un endroit à moi.
Un endroit où mes tableaux ne seraient pas mélangés à des milliers d’autres annonces, entre un lave-vaisselle d’occasion et une pièce de l’époque romaine.
Je voulais pouvoir présenter mon travail comme je le voulais, et faire en sorte que quelqu’un qui découvrait une de mes œuvres puisse ensuite en voir d’autres, comprendre un peu mieux mon univers et, peut-être, revenir plus tard.
À l’époque, je ne réfléchissais pas en termes de « marque », de « stratégie » ou de « relation client ». Je voulais juste avoir mon espace.
Avec le recul, je pense pourtant que c’est l’une des décisions les plus importantes que j’ai prises.
Une plateforme comme eBay m’avait donné quelque chose de précieux : une audience que je n’avais pas. Mon propre site allait me permettre de commencer à construire quelque chose autour de mon nom et de mon travail.
Et pendant longtemps, cela a très bien fonctionné.
Le problème, c’est qu’un site évolue en même temps que l’activité.
On ajoute une fonction, puis une autre. Une boutique. Un plugin. Un nouveau moyen de paiement. Un système de traduction. Des outils de référencement, de sécurité, de cache, de sauvegarde… et, au fil des années, ce qui devait simplement permettre de montrer et vendre ses œuvres peut devenir une activité à part entière.
Je l’ai particulièrement vécu avec WordPress. C’est un outil très puissant et il m’a énormément servi pendant des années, mais mon site d’artiste était devenu tellement lourd à gérer que j’avais fini par ne presque plus y publier mes nouvelles œuvres. À force de devoir gérer toute la mécanique autour du site, une tâche aussi simple que mettre un nouveau tableau en ligne était devenue quelque chose que je repoussais sans cesse.
Et le site n’est qu’une partie du problème.
Il faut aussi photographier les œuvres, écrire les fiches, fixer les prix, trouver des visiteurs, communiquer, publier sur les réseaux sociaux, répondre aux messages, envoyer des newsletters, emballer les tableaux, gérer les transporteurs, les paiements, les factures et toute la partie administrative.
Mais avant même de faire toutes ces choses, il faut souvent apprendre comment elles fonctionnent.
Si vous voulez attirer des visiteurs depuis Google pour vendre vos œuvres en ligne, par exemple, il faut d’abord comprendre un minimum comment fonctionne le référencement naturel, le SEO. Avant d’envoyer une newsletter, il faut apprendre à construire une liste, choisir un outil et comprendre ce que l’on peut envoyer. Avant de vendre vos tableaux à l’étranger, il faut se renseigner sur les transporteurs, les douanes, les taxes et parfois les langues.
Et tout ce temps d’apprentissage vient s’ajouter au temps nécessaire pour réellement mettre les choses en place.
On ne passe donc pas seulement du temps à gérer son activité. On passe aussi beaucoup de temps à apprendre comment la gérer.
Dit comme ça, je me rends compte que la liste peut faire peur. Ce n’est vraiment pas le but.
Je n’ai pas appris à faire tout cela avant de vendre mon premier tableau. J’ai commencé avec presque rien, sans guide et sans savoir où tout cela allait me mener. J’ai simplement appris au fur et à mesure, à chaque fois qu’un nouveau problème se présentait.
Et c’est aussi l’idée de ce guide : vous éviter d’avoir à découvrir tout cela seul et vous aider à avancer étape par étape, sans essayer de tout maîtriser dès le premier jour.
Au fil des années, j’ai donc appris quelque chose que je n’aurais jamais imaginé lorsque j’ai regardé ce documentaire sur Arte :
pour vendre son art en ligne, il faut construire beaucoup de choses autour de la création. Le véritable défi est de réussir à le faire sans que tout ce qui entoure l’art finisse par prendre le dessus sur l’art lui-même.
C’est en grande partie de ce constat qu’est née l’idée de Khroma. Après vingt ans à gérer tout ce qui entoure la vente de mes œuvres, j’ai eu envie de créer un outil capable de simplifier — voire de supprimer — le plus possible de ces étapes pénibles, pour moi comme pour les autres artistes.
Mais ce guide n’est pas une présentation de Khroma.
C’est plutôt le guide que j’aurais aimé avoir lorsque j’ai commencé.
Je vais y revenir sur les grandes étapes qui m’ont accompagné pendant ces vingt années : ce que l’on peut vendre, comment fixer ses prix, où présenter ses œuvres, comment trouver des acheteurs, comment préparer une œuvre pour la vente et, enfin, comment gérer tout ce qui arrive une fois qu’elle est vendue.
Je ne vais pas entrer ici dans tous les détails. Cet article est le point de départ : chacun de ces sujets sera approfondi dans des guides dédiés auxquels je renverrai au fil de la lecture.
Et surtout, je ne vais pas essayer de vous vendre une méthode universelle.
Je préfère vous raconter ce que j’ai réellement fait, ce qui a fonctionné, les erreurs que j’ai commises et ce que je ferais différemment aujourd’hui.
Après vingt ans à apprendre tout cela sur le terrain, j’ai quelques choses à partager.
Alors commençons.
1. Que vendre en ligne quand on est artiste ?
Lorsque j’ai commencé, je ne me suis évidemment pas demandé quelle était mon « offre ».
Je peignais, je mettais mes tableaux sur eBay et je regardais ce qui se passait.
C’était beaucoup plus instinctif que stratégique, mais comme je vendais beaucoup à cette période, j’ai assez vite commencé à voir des différences entre les œuvres. Certaines attiraient davantage l’attention, recevaient plus d’enchères et partaient beaucoup plus facilement que d’autres.
Dans mon cas, ce sont surtout mes polyptyques abstraits qui ont commencé à fonctionner.
Je réalisais des compositions constituées de plusieurs panneaux qui, une fois accrochés ensemble, formaient une seule œuvre. À l’époque, j’en voyais relativement peu et je pense que cette différence m’a beaucoup aidé.
En parallèle, je commençais aussi à explorer un univers plus proche du street art. Mais à ce moment-là, mes abstractions trouvaient clairement leurs acheteurs beaucoup plus facilement.
Si je m’étais uniquement fié à mes ventes de l’époque, j’aurais donc pu en conclure assez vite que le street art n’intéressait pas vraiment mon public et que j’avais tout intérêt à rester dans l’abstrait.
Ce qui se vend peut changer avec le temps
Avec les années, mon travail a beaucoup évolué. J’ai fini par revenir vers quelque chose de plus street art et Pop Art, notamment avec l’utilisation de pochoirs.
Et cette fois, la réaction a été complètement différente.
Autour de 2020, j’ai commencé à recevoir des demandes de galeries qui venaient justement me chercher pour ce type d’œuvres. Certaines me disaient très directement : « c’est ce que nos clients veulent ».
Je trouve le retournement assez intéressant.
Au début de mon parcours, mes œuvres abstraites se vendaient facilement alors que mon street art intéressait beaucoup moins. Une quinzaine d’années plus tard, des galeries me contactaient précisément pour ce dernier.
C’est pour cela que je suis très prudent lorsque je vois passer des conseils sur « le type d’art qui se vend le mieux ».
Je peux vous dire ce qui s’est vendu chez moi à tel moment. Je peux raconter ce que mes propres acheteurs ont préféré. Mais je serais bien incapable d’en déduire ce que vous devriez peindre aujourd’hui.
Et surtout, je crois qu’il y a un danger à commencer à créer uniquement en fonction de ce qui se vend.
Avec le recul, j’ai eu de la chance de comprendre assez tôt que je devais trouver un équilibre entre les deux : évidemment, si je veux vendre mes œuvres, il faut que des gens aient envie de les acheter. Mais il faut aussi que j’aie encore envie de les peindre.
Parce qu’un style qui se vend très bien mais que l’on n’a plus envie de pratiquer finit probablement par devenir un autre problème.
Ce que les ventes peuvent faire, en revanche, c’est nous apprendre beaucoup de choses.
Quels tableaux provoquent immédiatement des réactions ? Lesquels partent vite ? Quels formats reviennent souvent ? Quels sujets attirent les mêmes personnes ? Est-ce qu’un acheteur revient quelques mois plus tard ?
Je n’avais aucun tableau Excel pour analyser tout cela en 2005.
Mes premières « données de marché », c’étaient simplement des inconnus sur eBay qui décidaient ou non d’enchérir sur ce que je venais de peindre.
Et finalement, c’était déjà énormément d’informations.
Originaux ou éditions limitées : pourquoi je propose les deux
Les œuvres originales ont toujours été au centre de mon activité d’artiste.
Mais avec le temps, j’ai ajouté des reproductions en éditions limitées, généralement à 30 exemplaires maximum, ainsi que quelques œuvres numériques autour de la double exposition.
Je trouve les éditions limitées particulièrement intéressantes, et pas seulement parce qu’elles permettent de proposer un prix plus accessible.
Acheter une œuvre originale à 800, 1 000 ou 1 500 € à un artiste que l’on connaît encore peu peut représenter un vrai pas.
Je peux parfaitement comprendre cette hésitation.
Une édition limitée permet de commencer autrement. Le prix est plus raisonnable, le risque ressenti est probablement moins important, et l’acheteur peut tout de même faire entrer chez lui une œuvre d’un artiste qu’il apprécie.
Pour certaines personnes, cela peut même être leur première véritable acquisition d’art.
Et je trouve ça important.
Parce qu’une personne qui commence aujourd’hui par une édition peut très bien revenir plus tard pour un original lorsqu’elle connaît mieux mon travail et qu’une relation s’est installée.
Ce n’est évidemment pas une mécanique automatique — je ne vends pas une reproduction en me disant que j’ai créé un futur acheteur à 1 000 € — mais je vois vraiment les éditions comme une porte d’entrée, pas simplement comme une version moins chère de mes tableaux.
C’est aussi pour cela que je tiens à conserver une certaine rareté. Mes éditions sont généralement limitées à 30 exemplaires et chaque exemplaire est numéroté.
Adapter son offre à sa manière de créer
Il y a enfin quelque chose de très personnel que je trouve important de préciser.
Je peins vite.
La majorité de mes œuvres peuvent être réalisées en quelques heures. Pas parce que je me dépêche pour pouvoir en produire davantage, mais parce que c’est simplement ma façon de travailler.
Pour moi, peindre ressemble beaucoup à un jam en musique.
Je commence sans forcément savoir exactement où je vais. Une couleur en appelle une autre, quelque chose apparaît sur la toile, j’y réponds, je change de direction et, à un moment, je sens que l’œuvre est terminée.
J’aime cette spontanéité.
Et forcément, elle influence aussi la manière dont j’ai construit mon activité.
Un artiste qui travaille trois semaines ou trois mois sur une seule œuvre ne peut pas avoir exactement le même rythme, les mêmes prix ou le même nombre d’œuvres disponibles que moi.
C’est une autre raison pour laquelle j’ai du mal avec les recettes toutes faites sur la vente d’art.
Je peux expliquer ce que je fais.
Je peux montrer ce qui a fonctionné pour moi pendant vingt ans.
Mais l’objectif n’est pas que vous reproduisiez mon modèle. C’est plutôt de comprendre pourquoi j’ai fait certains choix pour vous aider à construire quelque chose qui corresponde à votre propre manière de travailler.
Et parmi tous ces choix, il y en a un qui m’a posé beaucoup de questions lorsque j’ai débuté.
Le prix.
Personne ne m’avait expliqué comment fixer celui d’un tableau.
C’est ce que nous allons voir maintenant.
2. Comment fixer le prix de ses œuvres ?
La question du prix m’a posé problème presque immédiatement.
Quand j’ai commencé à vendre mes tableaux, je n’avais aucune idée de la manière dont un artiste était censé fixer ses prix.
Et contrairement à aujourd’hui, je ne pouvais pas simplement taper la question dans Google et trouver cinquante articles, des vidéos et des calculateurs.
J’ai donc fait ce qui me semblait le plus logique : j’ai demandé à d’autres artistes comment ils faisaient.
La plupart ne m’ont pas répondu.
Je ne sais pas si c’était un sujet qu’ils considéraient comme trop personnel, s’ils ne voulaient pas partager leur méthode ou s’ils n’en avaient tout simplement pas.
Toujours est-il que je me suis retrouvé seul avec ma question.
Alors j’ai fini par inventer ma propre méthode.
Et, assez curieusement, une version de cette méthode me sert encore aujourd’hui.
Comment je calcule le prix de mes tableaux : ma formule
Pour mes œuvres originales, je pars de la surface du tableau.
Ma formule actuelle est très simple :
largeur × hauteur × 0,17
Les dimensions sont exprimées en centimètres.
Pour un tableau de 80 × 80 cm, par exemple :
80 × 80 × 0,17 = 1 088 €
Pour un 100 × 100 cm :
100 × 100 × 0,17 = 1 700 €
Le fameux 0,17 n’a rien d’officiel.
Je ne l’ai pas appris dans une école d’art et personne ne m’a dit qu’un artiste devait calculer ses prix de cette façon.
C’est simplement le coefficient auquel je suis arrivé.
Au début, il était beaucoup plus bas, puis je l’ai augmenté progressivement au fil des années.
Cette formule me sert de base, mais je ne l’applique pas non plus de manière totalement rigide.
Il m’arrive régulièrement de vendre certaines œuvres un peu plus cher que ce que donne le calcul, notamment mes tableaux street art, qui me demandent généralement davantage de travail que mes œuvres abstraites.
Je ne parle pas de doubler le prix. Ce sont plutôt quelques centaines d’euros supplémentaires lorsque j’estime que l’œuvre les vaut.
La formule me donne donc une grille de référence, pas un prix auquel je m’interdis de toucher.
Ce que j’aime dans cette méthode, c’est qu’elle m’évite de réinventer le prix de chaque tableau.
Deux œuvres de même format restent dans la même gamme, même si j’ai personnellement une préférence pour l’une des deux.
Et pour l’acheteur, je trouve que cela apporte aussi une certaine cohérence.
Quand et comment augmenter le prix de ses œuvres
Je serais incapable de reconstruire précisément toutes mes grilles depuis 2005.
Mais évidemment, je ne vends plus mes tableaux au même prix que lorsque mes premières enchères partaient autour de 100 €.
Rien que sur les cinq dernières années, je dirais que mes prix ont augmenté d’environ 300 € à format comparable.
Pourquoi les ai-je augmentés ?
Je n’ai jamais eu un moment précis où je me suis dit : « j’ai vendu X tableaux, je peux maintenant ajouter 10 % ».
C’était plus progressif que ça.
Mon travail évoluait. J’avais davantage d’expérience. Les ventes continuaient. Et surtout, je considérais simplement que mes peintures valaient davantage qu’avant.
J’augmentais donc mon coefficient.
Petit à petit.
Je pense d’ailleurs que c’est une approche qui me correspond mieux qu’une énorme hausse du jour au lendemain.
J’ai toujours construit mon propre modèle
Aujourd’hui, beaucoup de mes œuvres se retrouvent autour de 800 à 1 200 €, selon leur format.
À mes yeux, 1 000 € n’est pas un prix particulièrement élevé pour une œuvre originale, surtout après vingt ans de travail.
Mais j’ai toujours fait les choses assez à ma manière. Je n’ai jamais construit mon parcours en cherchant à atteindre un certain prix parce que c’était celui qu’un artiste ayant vingt ans de carrière était « censé » afficher.
Ce qui m’importait surtout, c’était que mon activité fonctionne et qu’elle me permette de continuer à créer.
Avec le temps, cette activité ne s’est d’ailleurs plus limitée aux tableaux. J’ai développé des cours de peinture, une chaîne YouTube, puis mes boutiques de pochoirs. Toutes ces activités sont différentes, mais elles sont nées du même univers.
Cela m’a probablement aussi donné davantage de liberté dans ma manière de fixer le prix de mes œuvres : je n’ai jamais eu besoin de faire porter tout le poids économique de mon activité sur le prix d’un seul tableau.
Et finalement, cette façon de faire me correspond assez bien.
Le temps passé ne suffit pas à déterminer la valeur d’une œuvre
Ce choix est aussi lié à ce que j’expliquais plus haut sur ma manière de peindre.
Un artiste qui travaille trois mois sur chaque œuvre n’aura évidemment pas les mêmes contraintes que moi. Nos prix ne peuvent donc pas être construits exactement pareil.
C’est aussi pour cela que je n’ai jamais vraiment adhéré à l’idée de calculer simplement :
nombre d’heures × tarif horaire + matériaux.
Ce calcul peut être utile pour savoir à partir de quel prix on commence à perdre de l’argent.
Mais pour moi, il ne dit pas ce que vaut une œuvre.
Si je termine un tableau en quatre heures et que je considère que c’est l’un de mes meilleurs travaux, pourquoi vaudrait-il cinq fois moins qu’un autre qui m’a demandé vingt heures ?
À l’inverse, avoir passé énormément de temps sur une peinture ne garantit pas qu’elle soit réussie.
Le temps de travail compte économiquement.
Il ne suffit simplement pas à déterminer la valeur artistique.
C’est une distinction que je trouve importante.
Le prix doit aussi rester cohérent d’un endroit à l’autre
Il y a un autre point auquel je fais attention : je n’aime pas qu’une même œuvre semble avoir plusieurs valeurs selon l’endroit où on la regarde.
Si mon tableau vaut 1 000 € sur mon site, je trouve difficile de justifier qu’il soit affiché à 1 400 € ailleurs simplement parce qu’une plateforme prend une commission importante.
Je comprends parfaitement pourquoi certains artistes le font : les commissions peuvent être élevées et il faut bien qu’elles rentrent dans le calcul.
Mais côté acheteur, découvrir deux prix différents pour la même œuvre peut être difficile à comprendre.
Personnellement, j’ai toujours préféré chercher une certaine cohérence entre les différents endroits où mon travail est présenté.
Ce n’est pas une loi du marché de l’art.
C’est ma façon de faire.
Et lorsqu’une galerie ou une plateforme prend une commission, cela signifie forcément que cette commission doit avoir été anticipée quelque part dans mon modèle.
Une vente à 1 000 € ne laisse pas 1 000 € à l’artiste : commissions et frais
C’est probablement l’une des choses les plus faciles à oublier lorsqu’on fixe ses premiers prix.
Le chiffre affiché sous le tableau n’est pas ce qui reste à la fin.
Il peut y avoir :
les matériaux ;
les frais de paiement ;
la commission d’une plateforme ou d’une galerie ;
l’emballage ;
le transport lorsque vous le prenez en charge ;
les cotisations ;
les impôts ;
et parfois des coûts auxquels on n’avait même pas pensé au départ.
C’est particulièrement important lorsque l’on vend via un intermédiaire.
Une commission peut représenter une part importante du prix de l’œuvre.
Mais là encore, je ne regarderais pas uniquement le pourcentage.
Si une galerie prend une commission importante mais me présente à un acheteur que je n’aurais jamais rencontré autrement, ce n’est pas nécessairement une mauvaise affaire.
À l’inverse, une plateforme très peu chère qui ne m’apporte aucune visibilité peut finir par ne rien me rapporter du tout.
Nous allons justement comparer les différents modèles dans l’étape suivante.
Si je devais fixer mes premiers prix aujourd’hui
Je ne chercherais pas une formule magique.
Je chercherais surtout à partir sur une base cohérente, suffisamment simple pour ne pas devoir me poser la même question devant chaque nouvelle œuvre.
Si j’avais déjà réalisé quelques ventes, je m’appuierais d’abord sur ces prix réels. Si je n’avais encore jamais vendu, je chercherais un point de départ raisonnable en fonction de ma technique, de mon parcours et du marché auquel je m’adresse.
Puis je construirais une grille et j’essaierais de m’y tenir.
Et surtout, je commencerais à vendre.
Parce que le prix parfait n’existe probablement pas avant la première vente.
Si personne n’achète, c’est une information — même si le prix n’en est pas forcément la seule raison. Si tout part immédiatement, c’en est une autre.
Avec le temps, les ventes donnent des repères beaucoup plus intéressants que toutes les théories. Et si le travail évolue, que les acheteurs reviennent et que la demande augmente, les prix peuvent évoluer eux aussi.
C’est exactement ce que j’ai fait.
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La question suivante devient alors presque inévitable :
où est-ce que je mets ces œuvres en vente ?
3. Où vendre ses œuvres en ligne : marketplace, site ou galerie ?
Lorsque j’ai commencé à vendre sur eBay en 2005, je n’avais pas vraiment réfléchi au choix de la plateforme.
Il faut dire qu’à l’époque, le paysage n’avait rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Il existait déjà quelques sites spécialisés dans l’art, mais les artistes n’avaient pas devant eux la multitude de marketplaces, de plateformes spécialisées et d’outils que l’on trouve maintenant.
Pour moi, eBay était simplement là. Il y avait énormément de trafic, je savais déjà un peu comment cela fonctionnait et je pouvais mettre un tableau aux enchères assez facilement.
Je n’avais aucune audience et pratiquement personne ne connaissait mon travail.
C’est en commençant à vendre que j’ai découvert la force d’une plateforme qui concentrait déjà autant de visiteurs.
La première chose qu’eBay m’a donc apprise est assez simple :
une audience existante a énormément de valeur lorsque personne ne vous connaît encore.
D’eBay à mon propre site
Dans mes souvenirs, j’ai vendu environ 700 œuvres originales sur eBay. C’est considérable, surtout pour mes premières années, et cette plateforme a joué un rôle essentiel dans mon démarrage.
Mais sur les quelque 3 700 œuvres originales que j’ai vendues depuis 2005, la grande majorité l’a ensuite été ailleurs — et principalement directement depuis mon propre site.
Et à ces originaux viennent s’ajouter les éditions limitées, que j’ai également vendues directement depuis mon site et qui représentent une partie non négligeable de mon activité artistique.
Ce résultat n’est pas arrivé simplement parce que j’avais acheté un nom de domaine et installé une boutique. J’ai énormément travaillé sur mes sites, notamment sur leur référencement, et Google m’a apporté au fil des années énormément de visiteurs.
La différence avec une marketplace était fondamentale : tout le travail que je faisais pour attirer ces visiteurs, je le faisais pour moi.
Lorsqu’une personne arrivait depuis Google, elle entrait directement dans mon univers. Elle ne voyait pas mon tableau entre ceux de dizaines d’autres artistes. Elle pouvait découvrir mes originaux, mes éditions, en apprendre davantage sur mon travail, s’inscrire à ma newsletter et revenir plusieurs mois plus tard.
C’est beaucoup de travail — je ne veux surtout pas donner l’impression qu’il suffit de créer un site pour que les ventes arrivent — mais dans mon expérience, mon propre site m’a finalement apporté bien plus que les marketplaces.
Et il y a une autre différence que je trouve importante : lorsque je travaille le référencement, le contenu ou la notoriété de mon propre site, je construis quelque chose pour moi. Une page bien référencée aujourd’hui peut encore m’apporter des visiteurs des mois ou même des années plus tard.
C’est probablement la raison pour laquelle, si je devais choisir aujourd’hui entre consacrer toute mon énergie à une marketplace ou travailler sur mon propre site, mon expérience me ferait clairement privilégier le second sur le long terme.
Cela ne signifie pas que je laisserais tomber les marketplaces.
eBay est la meilleure preuve du contraire.
Elles peuvent être extrêmement utiles pour démarrer, pour être découvert ou simplement comme canal de vente supplémentaire.
Mais pour moi, elles viennent en complément de quelque chose qui m’appartient.
Marketplace, site personnel ou galerie : des rôles différents
Une marketplace et un site personnel ne jouent donc pas exactement le même rôle.
La première peut vous donner accès à une audience qui existe déjà. Le second vous oblige à faire venir les visiteurs, mais vous permet de construire votre propre univers et une relation plus directe avec eux.

Et il existe encore un troisième modèle, très différent des deux précédents : la galerie.
Vendre en galerie : commissions, services et visibilité
Au fil des années, j’ai travaillé avec plusieurs galeries, d’abord avec mes peintures abstraites, puis plus tard avec mon travail davantage orienté street art et Pop Art.
Mais il faut déjà préciser quelque chose : toutes les galeries ne fonctionnent pas selon le même modèle.
Dans le modèle traditionnel d’une galerie commerciale, la galerie sélectionne des artistes, expose leurs œuvres et se rémunère principalement lorsqu’elle réalise une vente. La commission peut être importante — parfois 40 ou 50 % — mais ses intérêts sont alors directement liés à ceux de l’artiste : pour gagner de l’argent, elle doit vendre.
D’autres galeries ou espaces fonctionnent différemment. Ils peuvent demander à l’artiste une participation financière, des frais d’exposition ou la location d’un espace, puis prendre une commission plus faible, voire aucune commission sur les ventes.
Ce n’est pas nécessairement un mauvais modèle. C’est simplement un autre modèle.
Dans ce cas, l’artiste n’achète pas seulement une possibilité de vendre une œuvre. Il paie aussi pour un espace, une exposition, une visibilité, parfois de la communication, une organisation, un vernissage ou l’accès à un public particulier.
Il existe également des modèles hybrides, avec à la fois des frais fixes et une commission sur les ventes.
La vraie question est donc moins de savoir si une galerie prend 50 %, 20 % ou demande de payer pour exposer que de comprendre ce que l’on obtient en échange.
Une galerie à forte commission peut être extrêmement intéressante si elle apporte des collectionneurs, un réseau, des expositions, une présence sur certains événements, une crédibilité auprès d’un public particulier, du conseil ou simplement tout le travail commercial que l’artiste n’aura pas à faire lui-même.
De la même manière, payer pour participer à une exposition peut parfaitement avoir du sens si le lieu, le public et les services proposés justifient cet investissement.
Ce sont simplement deux répartitions différentes du coût et du risque.
Je pense que beaucoup d’artistes, surtout lorsqu’ils commencent, voient encore le fait d’être accepté par une galerie comme une sorte de validation : quelqu’un du « monde de l’art » aurait enfin décidé que leur travail mérite d’exister.
Je ne le vois pas vraiment comme ça.
Pour moi, une galerie est avant tout un partenaire commercial et artistique. Et quel que soit son modèle économique, je me pose finalement toujours la même question :
qu’est-ce qu’elle m’apporte en échange de ce qu’elle me coûte ?
Cette notion de sélection que l’on associe traditionnellement aux galeries existe aujourd’hui également sur certaines plateformes en ligne.
Plateformes ouvertes ou sur candidature : deux approches différentes
Toutes les plateformes ne choisissent pas leurs artistes de la même manière.
Certaines sont entièrement ouvertes : vous créez un compte, vous publiez vos œuvres et vous pouvez commencer à vendre.
D’autres fonctionnent sur candidature. Elles examinent le travail de l’artiste avant de lui permettre de rejoindre la plateforme. Artsper, Singulart ou Artfinder utilisent par exemple ce type de fonctionnement.
Les deux modèles ont leur logique.
Une plateforme ouverte permet à presque tout le monde de commencer rapidement. Une plateforme sur candidature cherche généralement à conserver une certaine cohérence dans son catalogue, dans la qualité de présentation des œuvres ou dans l’expérience proposée aux acheteurs.
Chez Khroma, cette sélection concerne uniquement la marketplace. La création d’un site artiste est ouverte à tous : il n’est pas nécessaire de candidater pour créer son site et commencer à y présenter ou vendre son travail.
En revanche, un artiste qui souhaite également publier ses œuvres sur la marketplace Khroma doit en faire la demande. L’objectif n’est pas de décider arbitrairement qui est ou non un « bon artiste », mais de vérifier certains éléments : la qualité de présentation du travail, la cohérence du portfolio, le sérieux des informations fournies ou encore le fait que les œuvres proposées correspondent bien à ce que la marketplace souhaite présenter.
Pour l’artiste, être accepté sur la marketplace peut évidemment être valorisant. Mais je pense qu’il faut surtout regarder ce que cette sélection apporte ensuite : la qualité du catalogue, le public présent sur la plateforme, les outils proposés et, bien sûr, sa capacité à mettre réellement les œuvres en relation avec des acheteurs.
Car au final, le mode d’accès n’est qu’un élément parmi d’autres dans le choix d’une plateforme.
Il reste ensuite une question beaucoup plus concrète : combien chacune de ces solutions coûte-t-elle réellement à l’artiste ?
Combien coûtent les principales plateformes pour vendre son art ?
Voici les informations que j’ai pu vérifier au 24 septembre 2026.
Les tarifs changent régulièrement, donc ce tableau devra être revérifié dans le temps.
SolutionTypeAccèsAbonnement / coût fixeCommission et principaux fraisVrai site personnelDécouverte intégrée | ||||||
Etsy | Marketplace généraliste | Ouvert | 0,20 $ par mise en vente ou renouvellement | Pour un vendeur français : 6,5 % de transaction + 4 % + 0,30 € de paiement + 1,14 % de frais réglementaires, soit environ 11,64 % de frais variables de base, auxquels peuvent s’ajouter notamment 12 ou 15 % sur les ventes issues des Offsite Ads. | Non | Oui |
Saatchi Art | Marketplace / galerie d’art en ligne | Ouvert après vérification d’identité | Pas d’abonnement artiste mis en avant | 40 % sur les œuvres originales. | Non | Oui |
Singulart | Galerie d’art en ligne | Candidature + comité d’admission | Silver 49 €/mois, Gold 99 €, Platinum 199 € en facturation mensuelle | 50 % de commission sur chaque vente finalisée, en plus de l’abonnement. | Non | Oui |
Artsper | Marketplace d’art | Candidature + comité de sélection | 39 € HT/mois ou 390 € HT/an pour l’artiste indépendant | La page publique consultée n’affiche pas clairement le taux de commission appliqué à l’artiste indépendant ; je préfère ne pas en inventer un. | Non, page artiste dans Artsper | Oui |
Artfinder | Marketplace spécialisée art | Candidature / approbation | Starter gratuit, Core 12 €/mois, Premium 35 €/mois | 50 %, 45 % ou 40 % selon le forfait. | Non | Oui |
ArtMajeur | Marketplace spécialisée art | Ouvert | Compte gratuit ou Platinum ; service de site professionnel vendu séparément | 35 % HT avec le compte gratuit et 30 % HT avec Platinum sur les originaux. | Oui, via un service séparé | Oui |
Big Cartel | Créateur de boutique | Ouvert | 15 $/mois pour Platinum, 30 $/mois pour Diamond ; offre gratuite limitée | 0 % de commission Big Cartel ; les frais du prestataire de paiement restent à ajouter. | Oui | Non |
Shopify | Créateur de site e-commerce | Ouvert | Basic : 36 €/mois en mensuel ou 27 €/mois avec paiement annuel sur la tarification française de référence | Frais de paiement selon le moyen utilisé ; Shopify Payments évite les frais de transaction tiers de Shopify. | Oui | Pas de marketplace artistique intégrée |
Khroma | Site pour artistes + accès optionnel à la marketplace | Site ouvert à tous ; marketplace sur candidature | 39 € HT/mois pour le site artiste | 1 % HT sur les ventes réalisées depuis le site personnel ; si l’artiste est accepté et choisit de publier sur la marketplace, 30 % HT sur les ventes réalisées via celle-ci, calculés sur le prix HT de l’œuvre, hors frais de livraison et taxes. | Oui — c’est le service principal | Optionnelle, après acceptation |
Les tarifs et fonctionnalités de Khroma peuvent évoluer ; les informations à jour sont disponibles directement sur Khroma.
Principales sources utilisées pour vérifier ce comparatif au 24 septembre 2026 : Etsy, Singulart, Artfinder, ArtMajeur, Big Cartel et Shopify.
Etsy : le fameux « 6,5 % » ne raconte pas toute l’histoire
Je m’arrête un instant sur Etsy parce que je connais également la plateforme de l’intérieur : nous y vendons nos pochoirs.
Lorsqu’on regarde rapidement leurs tarifs, on retient facilement 6,5 % de frais de transaction.
Mais ce n’est qu’une ligne parmi plusieurs.
Pour un vendeur français viennent notamment s’ajouter les 4 % + 0,30 € du traitement Etsy Payments et 1,14 % de frais réglementaires. On arrive donc déjà à environ 11,64 % de frais variables de base, avant le coût de mise en vente et d’autres frais éventuels.
Et si une commande est attribuée à une publicité externe d’Etsy, 12 ou 15 % supplémentaires peuvent s’appliquer. Pour une boutique ayant déjà atteint 10 000 $ de chiffre d’affaires sur une période de 365 jours, le taux est de 12 % et la participation au programme devient obligatoire.
Dans notre propre boutique de pochoirs, quand on regarde l’ensemble de ce qui est réellement prélevé, on se retrouve vite autour de 20 % sur certaines ventes.
C’est précisément pour cela que je me méfie des comparatifs qui affichent simplement :
Etsy : 6,5 %.
Techniquement, ce chiffre existe.
Mais il ne répond pas vraiment à la question que se pose le vendeur :
combien va réellement me coûter cette vente ?
Une grosse commission peut malgré tout être rentable
Prenons volontairement un exemple extrême.
Une plateforme me prend 40 %, mais me permet de vendre dix tableaux.
Une autre prend 0 %, mais ne m’en fait vendre aucun.
Je préfère évidemment la première.
Une commission n’est donc pas automatiquement de l’argent « perdu ».
Elle peut financer une audience, du travail commercial, un accompagnement, de la logistique ou l’accès à des acheteurs que je n’aurais jamais trouvés seul.
Singulart explique par exemple que sa commission de 50 % couvre notamment ses Art Advisors, les échanges avec les collectionneurs et son équipe chargée de coordonner l’expédition, les douanes, l’assurance et la documentation.
Big Cartel se situe à l’opposé : aucune commission de plateforme, mais c’est à vous de construire votre boutique et surtout d’y faire venir les visiteurs.
Comparer simplement :
50 % contre 0 %
n’a donc pas beaucoup de sens.
La question reste toujours la même :
est-ce que ce que je reçois vaut ce que je paie ?
Et plus important encore :
est-ce que je vends ?
Quand mon propre site est devenu trop lourd à gérer
Le problème que j’ai rencontré n’était pas que le site personnel ne fonctionnait pas.
C’était presque l’inverse.
Pendant des années, WordPress m’a énormément servi et m’a permis de vendre une grande partie de mes œuvres. Mais avec le temps, mon site avait accumulé de plus en plus de plugins et de couches techniques.
WooCommerce, les paiements, le référencement, les traductions, le cache, la sécurité, les sauvegardes… Aucun élément n’était forcément le problème à lui seul.
C’était leur accumulation.
Et pour un artiste, il y a une difficulté supplémentaire : WordPress et WooCommerce n’ont pas été conçus spécifiquement pour vendre des œuvres d’art.
Bien sûr, on peut faire presque tout ce dont on a besoin avec WordPress. Je l’ai fait pendant des années. Mais il faut souvent adapter, ajouter des champs, installer des extensions et maintenir toute cette mécanique.
À la fin, cette complexité avait commencé à avoir une conséquence beaucoup plus grave pour moi que quelques secondes de chargement supplémentaires :
je n’avais tout simplement plus envie de m’occuper de mon site.
Mettre un nouveau tableau en ligne était devenu une tâche que je repoussais sans cesse.
Pour un artiste dont le site est justement l’un des principaux outils de vente, c’est un vrai problème.
Une première vente peut en amener beaucoup d’autres
Il y a aussi quelque chose que j’ai compris avec le temps : une vente n’est pas forcément une transaction isolée.
Certains collectionneurs m’ont acheté plusieurs œuvres au fil des années. Pour certains, on parle probablement d’une dizaine de tableaux.
Une marketplace peut être formidable pour provoquer la première rencontre avec quelqu’un qui ne me connaît absolument pas. Mais une fois cette relation créée, je trouve essentiel de pouvoir continuer à la construire dans mon propre univers.
Une marketplace peut m’apporter la première rencontre. Mon site me permet de construire la suite.
Avec le recul, ces deux expériences ne s’opposent pas. Elles se complètent.
Et c’est en grande partie ce que j’ai voulu réunir avec Khroma.
Après plus de vingt ans à vendre mon art en ligne, mon expérience ne se limite évidemment plus aux tableaux. J’ai construit et fait évoluer plusieurs sites, travaillé leur référencement, développé une chaîne YouTube, utilisé les réseaux sociaux et les newsletters, vendu à l’étranger et développé ensuite mes boutiques de pochoirs.
Tout cela m’a surtout permis de voir ce qui fonctionne dans la pratique, pas seulement ce qui devrait fonctionner en théorie.
Le site reste indépendant de la marketplace
C’est probablement le point le plus important pour comprendre le fonctionnement de Khroma.
Le site de l’artiste et la marketplace sont deux choses distinctes.
La création d’un site est ouverte à tous les artistes. Il s’agit d’un véritable site pensé dès le départ pour leur activité, avec leur univers, leurs œuvres, leur référencement, leurs clients, leurs ventes, leurs factures, leurs traductions et leur newsletter — pas simplement d’une page de profil dans une grande plateforme, ni d’un assemblage d’outils qu’il faut construire et maintenir soi-même.
Un artiste peut donc utiliser son site Khroma sans publier ses œuvres sur la marketplace.
S’il souhaite bénéficier également de la visibilité de la marketplace, il peut en faire la demande depuis son espace. Cette publication est facultative et soumise à candidature. Lorsqu’elle est acceptée, l’artiste reste libre de choisir de publier ou non ses œuvres sur Khroma.
Cette séparation se retrouve dans le modèle économique : lorsqu’un artiste apporte lui-même son acheteur sur son site, la commission reste faible, à 1 % HT. Lorsqu’une vente est réalisée via la marketplace, où Khroma contribue à créer la rencontre avec l’acheteur, la commission est de 30 % HT, calculée sur le prix HT de l’œuvre, hors frais de livraison et taxes.
Cela rejoint exactement ce que j’expliquais plus haut : je trouve logique de payer davantage lorsqu’un intermédiaire m’apporte réellement quelque chose que je n’aurais probablement pas obtenu seul.
L’idée reste la même : réunir au même endroit le maximum de choses réellement utiles à un artiste, tout en lui laissant le choix d’utiliser ou non la marketplace.
Quel que soit l’endroit choisi — marketplace, galerie ou site personnel — une chose ne change pas : pour vendre une œuvre en ligne, il faut d’abord donner envie à quelqu’un de s’y arrêter.
Et sur Internet, cette première impression passe en grande partie par la manière dont on présente l’œuvre.
Pour moi, cela commence par quelque chose que j’avais compris dès mes premières ventes sur eBay :
la photographie.
4. Comment présenter ses œuvres en ligne pour mieux les vendre
Lorsque j’ai commencé à vendre mes tableaux sur eBay, il y a une chose que j’ai comprise presque immédiatement : la qualité des photos est essentielle.
Je pense même que cela a été l’une de mes forces dès le début.
Quand quelqu’un achète une œuvre sur Internet, il ne peut pas s’approcher de la toile, regarder la matière, se déplacer devant, voir comment la lumière accroche les couleurs ou se rendre compte précisément de sa taille.
Tout ce qu’il a devant lui, c’est un écran.
La photographie doit donc réussir à transmettre le plus fidèlement possible ce que l’acheteur aurait vu s’il avait eu le tableau devant lui.
Cela paraît évident, mais je vois encore énormément d’œuvres intéressantes très mal présentées en ligne.
Et je suis convaincu qu’une mauvaise photographie peut faire perdre une vente à un bon tableau.
Bien photographier ses œuvres pour les vendre en ligne
Je ne cherche pas à rendre une œuvre plus belle qu’elle ne l’est.
Je cherche au contraire à obtenir une image la plus fidèle possible à l’original.
C’est important, parce qu’une photographie extrêmement retouchée peut être séduisante sur un écran, mais si le client reçoit ensuite une œuvre dont les couleurs ne ressemblent pas à ce qu’il avait vu, on crée immédiatement une déception.
Ma méthode est finalement assez simple.
Je photographie mes tableaux avec une lumière la plus homogène possible, en évitant les reflets et les zones beaucoup plus claires ou plus sombres que le reste.
L’appareil doit être bien en face de l’œuvre.
Cela semble être un détail, mais si l’on photographie légèrement de côté ou d’en dessous, le tableau devient un trapèze. On peut corriger une partie de cette déformation ensuite, mais il vaut beaucoup mieux partir d’une photographie correcte.
J’utilise également un trépied lorsque c’est nécessaire afin de garder l’appareil stable et correctement positionné.
Et j’évite les objectifs trop grand-angle lorsqu’ils commencent à déformer les proportions de l’œuvre.
Ensuite, je fais seulement les corrections nécessaires : exposition, balance des blancs, éventuellement quelques ajustements pour que l’image corresponde mieux à ce que je vois réellement devant moi.
Le but n’est jamais de transformer le tableau.
Le but est que la personne qui le recevra se dise : « C’est bien celui que j’ai acheté. »

Une seule photographie ne suffit pas
Je ne montrerais jamais uniquement une vue générale de l’œuvre.
L’acheteur a besoin de pouvoir s’en approcher virtuellement.
Je conseille donc de montrer :
une photographie complète, bien droite ;
plusieurs détails permettant de voir la matière, les gestes, les textures ou les particularités de l’œuvre ;
une vue latérale si elle apporte quelque chose ;
le dos de l’œuvre ;
éventuellement une mise en situation permettant de mieux comprendre l’échelle.
Cette dernière image est particulièrement utile.
Un tableau de 50 × 50 cm et un tableau de 120 × 120 cm peuvent paraître presque identiques lorsqu’ils remplissent tous les deux la largeur d’un écran.
Une photographie de l’œuvre dans un intérieur permet immédiatement de comprendre qu’on n’est pas du tout devant le même objet.
Mais là encore, je ferais attention à ne pas tromper l’acheteur avec une mise en situation où les proportions du tableau ne correspondent pas à la réalité.
La fiche de l’œuvre doit répondre aux questions de l’acheteur
Une bonne photographie donne envie de regarder.
Ensuite, il faut donner suffisamment d’informations pour permettre à quelqu’un de prendre une décision.
Quand je crée une fiche pour une œuvre, je trouve important que les informations essentielles soient immédiatement accessibles :
le titre, les dimensions, la technique, le support, l’année de création et toutes les particularités importantes de l’œuvre.
Pour une édition, il faut évidemment également préciser le nombre d’exemplaires.
Si l’édition est limitée à 30 exemplaires, par exemple, l’acheteur doit le savoir clairement.
La fiche doit également répondre aux questions très pratiques que quelqu’un peut se poser avant de sortir sa carte bancaire.
Est-ce une œuvre originale ?
Est-elle signée ?
Est-elle prête à être accrochée ?
Est-elle vendue encadrée ou non ?
Un certificat est-il fourni ?
Quels sont les frais et délais d’expédition ?
Il faut presque se mettre à la place de l’acheteur et se poser une question très simple :
si j’étais sur le point d’acheter ce tableau sans pouvoir le voir physiquement, qu’est-ce que j’aurais envie de vérifier ?
Puis essayer d’apporter ces réponses directement sur la fiche.
Toutes ces informations peuvent sembler secondaires lorsqu’on est concentré sur la peinture elle-même.
Elles ne le sont pas pour l’acheteur.
Quand quelqu’un s’apprête à dépenser plusieurs centaines ou plusieurs milliers d’euros sur Internet, une question sans réponse peut suffire à le faire hésiter.
Au mieux, il nous contacte pour obtenir l’information. Mais même dans ce cas, on vient d’ajouter une étape entre son envie et son achat.
Il faut qu’il écrive, qu’il attende une réponse, puis qu’il revienne éventuellement sur le site.
Et pour une œuvre qui peut justement provoquer un achat très émotionnel, parfois presque immédiat, chaque étape supplémentaire crée de la friction et peut faire perdre une vente.
Plus la fiche répond aux questions avant même qu’elles soient posées, plus le chemin entre le coup de cœur et l’achat reste simple.
Il faut aussi raconter quelque chose de l’œuvre
Je ne crois pas pour autant qu’une fiche d’œuvre doive ressembler à une fiche technique de lave-linge.
Une œuvre peut aussi avoir besoin de quelques mots pour apporter ce que l’image seule ne raconte pas forcément : une intention, l’idée derrière cette œuvre, l’origine d’un titre ou ce qui m’intéressait au moment de la peindre.
Mais je vais être très clair : écrire sur mes propres œuvres ne m’a jamais paru naturel.
Je suis beaucoup plus à l’aise avec une toile qu’avec une page blanche.
Pendant des années, sur mon site WordPress, mes descriptions se résumaient souvent à l’essentiel : les dimensions, la technique, le support et quelques informations pratiques.
Pas parce que je pensais qu’un texte n’avait aucune valeur.
Mais parce qu’écrire sur mes propres œuvres m’a toujours demandé beaucoup plus d’effort que de les peindre.
Il faut trouver les bons mots sans devenir prétentieux, sans simplement décrire ce que tout le monde voit déjà et sans inventer une grande histoire uniquement pour donner plus d’importance au tableau.
Si l’œuvre représente une femme avec un blouson noir devant un fond rouge, je n’ai pas forcément besoin d’écrire trois paragraphes pour expliquer qu’il s’agit d’une femme avec un blouson noir devant un fond rouge.
L’acheteur le voit.
Ce qui peut être intéressant, c’est ce qui ne se voit pas immédiatement.
Pourquoi cette image ?
Pourquoi ce titre ?
Quelle idée m’intéressait ?
Qu’est-ce que j’essayais de faire avec cette œuvre ?
Parfois quelques lignes suffisent.
Le texte doit enrichir l’œuvre, pas essayer de la sauver.
Écrire une bonne fiche est plus difficile qu’il n’y paraît
Et c’est précisément là que les choses peuvent devenir pénibles.
Une fiche correctement construite ne demande pas seulement une description.
Il faut aussi penser au titre de la page, à sa description pour Google, aux catégories, au style de l’œuvre, aux balises alt des images, puis ajouter les photographies, les dimensions, le prix, les informations d’expédition…
Tout cela finit par prendre du temps.
Et on se retrouve exactement face au problème dont je parlais au début de ce guide :
le temps consacré à vendre son art finit par prendre le dessus sur le temps consacré à le créer.
C’est précisément l’un des problèmes que j’ai voulu qu’on allège avec Khroma, notamment grâce à l’intelligence artificielle.
L’artiste ajoute les photographies de son œuvre et les informations qu’il connaît déjà. L’IA peut ensuite préparer une grande partie de la fiche : proposer une description, rédiger les balises alt, préparer le titre et la description SEO, suggérer un style ou certaines catégories.
Le but est simplement de faire gagner du temps à l’artiste sur toutes ces tâches.
Mais il y a une limite importante.
Je ne veux pas que l’IA invente ce que l’artiste pense ni qu’elle prétende connaître l’histoire d’un tableau qu’elle ne connaît pas.
Je la vois plutôt comme un assistant qui prépare le travail.
Elle peut partir de ce qu’elle observe réellement dans les images et des informations données par l’artiste, puis proposer une base.
L’artiste reste libre de corriger, personnaliser, compléter ou simplement valider.
Pour moi, c’est exactement le genre de tâches pour lesquelles l’IA devient vraiment intéressante.
Pas pour peindre à la place de l’artiste.
Pour lui enlever une partie du travail qui l’empêche de peindre.
Une bonne fiche peut aussi vous apporter des visiteurs depuis Google
Il y a une autre raison de ne pas négliger toutes ces informations : elles ne servent pas seulement à la personne qui se trouve déjà sur votre site.
Elles peuvent aussi aider quelqu’un à découvrir votre travail depuis Google.
Et je sais à quel point cela peut compter.
Au fil des années, le référencement de mes propres sites m’a apporté énormément de visiteurs.
Chaque nouvelle œuvre publiée peut donc devenir une nouvelle porte d’entrée vers votre univers.
Cela ne veut pas dire qu’il faut écrire des textes artificiels remplis de mots-clés simplement pour essayer de plaire à Google.
Mais il faut tout de même lui donner suffisamment d’informations pour comprendre ce que contient la page.
Si mon tableau s’appelle Whispered Fragments, ce titre seul ne permet pas forcément de savoir qu’il s’agit d’une peinture originale, de connaître sa technique, son format ou l’univers artistique auquel elle appartient.
La description de l’œuvre, le titre de la page, sa description SEO ou encore les balises alt des photographies peuvent apporter ce contexte.
Et lorsqu’on publie des dizaines, puis parfois des centaines d’œuvres au fil des années, toutes ces pages finissent par constituer une partie importante du site.
Encore une fois, cela représente du travail.
Et je ne pense pas qu’un artiste doive devenir spécialiste du référencement pour présenter correctement ses œuvres sur Internet.
Le certificat d’authenticité
Pour une œuvre originale, le certificat d’authenticité peut également participer à la confiance de l’acheteur.
Je ne le vois pas simplement comme un morceau de papier que l’on ajoute dans le colis.
Son intérêt est surtout de laisser une trace claire de l’œuvre et de son origine.
Des années plus tard, ce document peut permettre d’identifier précisément ce qui a été acheté : le nom de l’artiste, le titre de l’œuvre, sa date de création, ses dimensions, sa technique, son support et, lorsqu’il s’agit d’une édition, son numéro.
On peut également y faire figurer une photographie de l’œuvre, la date d’émission du certificat et bien sûr la signature de l’artiste.
Cela peut devenir utile pour le collectionneur s’il souhaite un jour assurer l’œuvre, la revendre, la transmettre ou simplement documenter sa collection.
Il faut néanmoins faire une distinction importante : un certificat d’authenticité n’est pas ce qui crée l’œuvre ni ce qui donne à l’artiste ses droits sur elle.
Le certificat sert avant tout à documenter et à identifier.
Pour les œuvres réalisées en plusieurs exemplaires, la question de la numérotation et de l’authentification devient particulièrement importante, notamment parce que certaines règles définissant une œuvre originale tiennent compte du nombre d’exemplaires et de leur validation par l’artiste.
Je reviendrai beaucoup plus en détail sur tout cela dans un guide dédié, car les règles ne sont pas exactement les mêmes selon le type d’œuvre.
Une bonne présentation ne transforme pas une mauvaise œuvre en bonne œuvre
Photographies, textes, référencement, balises alt, certificat, mise en situation...
On pourrait facilement avoir l’impression qu’il faut transformer chaque tableau en produit marketing extrêmement sophistiqué.
Ce n’est pas mon idée.
Une bonne présentation ne crée pas la valeur artistique de l’œuvre. Elle évite simplement de la détruire au moment où on la montre sur Internet.
Le tableau reste le point de départ.
Mais si je passe plusieurs heures à le créer, je trouve dommage de bâcler en cinq minutes la seule chose que verra la personne susceptible de l’acheter.
Pour moi, la logique est donc assez simple :
faire une œuvre que j’ai envie de vendre, lui donner un prix cohérent, choisir où la proposer, puis la présenter en ligne aussi sérieusement que si elle était accrochée dans une galerie.
Et quand certaines tâches peuvent être automatisées sans enlever quoi que ce soit à l’œuvre ou à la personnalité de l’artiste, je ne vois aucune raison de s’en priver.
Le temps gagné, je préfère le passer à peindre.
À ce stade, tout peut être parfaitement en place.
L’œuvre est prête.
Le prix est fixé.
Les photos sont réussies.
La fiche est complète.
Le site fonctionne.
Il reste pourtant une question qui peut faire échouer tout le reste :
qui va venir voir tout ça ?
C’est ce qui nous amène probablement à la partie la plus importante après la création elle-même :
trouver des acheteurs.
5. Comment trouver des acheteurs pour ses œuvres en ligne
Faire venir des personnes jusqu’à ses œuvres est une chose.
Faire venir les bonnes personnes, puis réussir à garder le contact avec elles, en est une autre.
Avec les années, j’ai compris que toutes les audiences ne se valent pas.
Avoir beaucoup de visiteurs n’est pas la même chose qu’avoir beaucoup de personnes réellement intéressées par votre travail.
Avoir beaucoup d’abonnés n’est pas la même chose qu’avoir beaucoup de collectionneurs.
Et obtenir une première visite n’est pas la même chose que construire une relation qui pourra durer plusieurs années.
Dans mon cas, Google a joué un rôle énorme. Puis YouTube, ma newsletter, mes clients existants et les réseaux sociaux ont progressivement ajouté de nouvelles sources de visiteurs.
Mais le plus important n’a jamais été seulement de faire venir du monde.
Je me suis surtout posé deux questions :
« Où est-ce que je les emmène ? »
et
« Comment est-ce que je garde le contact avec eux ensuite ? »
Pour moi, la réponse a longtemps été mon propre site.
Et elle l’est toujours.
SEO pour artistes : comment Google peut faire découvrir vos œuvres
Pendant longtemps, Google a été l’une de mes principales sources de visiteurs.
J’ai beaucoup travaillé le référencement de mes sites au fil des années, parfois sans même vraiment appeler cela du « SEO » au début.
Le SEO — ou référencement naturel — consiste simplement à aider les moteurs de recherche à comprendre le contenu de vos pages afin qu’ils puissent les proposer aux personnes qui recherchent ce type de contenu.
Pour un artiste, cela peut permettre à quelqu’un de découvrir une œuvre en cherchant un style, une technique, un sujet, un type de peinture ou même directement le nom de l’artiste.
Et ce travail a fini par énormément compter pour moi.
Certaines pages de mes sites se sont très bien positionnées et ont continué à m’apporter des visiteurs pendant des mois, parfois pendant des années.
C’est probablement ce que j’aime le plus avec le référencement : le travail effectué aujourd’hui peut continuer à produire des résultats longtemps après.
Évidemment, ce travail demande que les pages soient suffisamment claires et structurées pour que Google puisse les comprendre. J’en ai parlé dans la partie précédente à propos des fiches d’œuvres.
Et surtout, les visiteurs qui arrivent depuis Google arrivent directement chez lui.
Ils ne sont pas envoyés vers une page où ses tableaux sont entourés de centaines d’œuvres d’autres artistes.
Ils arrivent sur son site.
Ils peuvent découvrir une première œuvre, puis une autre, regarder ses éditions, comprendre son parcours ou s’inscrire à sa newsletter.
Le référencement ne sert donc pas seulement à obtenir des visiteurs.
Il peut aussi contribuer progressivement à construire l’univers, le nom et l’audience de l’artiste.
Attirer des visiteurs ne suffit pas
Faire venir quelqu’un une première fois est déjà difficile.
Mais si cette personne repart et que je n’ai aucun moyen de garder le contact avec elle, je suis obligé de recommencer le même travail encore et encore.
Et dans l’art, le moment où quelqu’un découvre une œuvre n’est pas forcément le moment où il est prêt à l’acheter.
Une personne peut découvrir mon travail aujourd’hui, l’apprécier, puis acheter une œuvre trois mois, un an ou plusieurs années plus tard.
C’est pour cela que je trouve essentiel de réfléchir très tôt à ce qui se passe après la première visite.
Et pour moi, l’un des outils les plus importants pour cela est la newsletter.
Ma newsletter est aujourd’hui l’un de mes canaux les plus importants
Une newsletter est finalement quelque chose d’assez simple : une liste de personnes qui ont choisi de vous laisser leur adresse email pour continuer à suivre votre travail.
Elles peuvent avoir découvert vos œuvres sur Google, YouTube, Instagram, une marketplace ou directement sur votre site.
Certaines ont déjà acheté.
D’autres aiment simplement votre travail et souhaitent voir ce que vous ferez ensuite.
Et c’est justement ce qui la rend intéressante.
Quelqu’un peut découvrir une de mes œuvres aujourd’hui sans avoir envie de l’acheter immédiatement, ou simplement sans en avoir les moyens à ce moment-là.
Mais s’il s’inscrit à ma newsletter, je peux continuer à lui montrer mon travail dans les mois et les années qui suivent.
Une nouvelle série.
Un tableau qui vient de sortir de l’atelier.
Une exposition.
Une vidéo.
Ou simplement quelque chose qui lui donne envie de revenir voir ce que je fais.
La newsletter permet donc de transformer une visite ponctuelle en une relation qui peut se construire dans le temps.
Et cette relation peut parfois durer très longtemps.
Aujourd’hui, ma newsletter rassemble des personnes qui suivent mon travail depuis des années, dont beaucoup ont déjà acheté une de mes œuvres.
Certains collectionneurs ne m’ont d’ailleurs pas acheté un seul tableau, mais plusieurs au fil du temps. Pour quelques-uns, on parle probablement d’une dizaine d’œuvres.
Cela m’a appris à ne jamais considérer une première vente comme une fin.
Elle peut au contraire être le début d’une relation qui va durer des années.
Un collectionneur peut acheter une nouvelle œuvre, une édition, parler de mon travail autour de lui ou offrir une de mes œuvres à quelqu’un. Cela m’est arrivé de nombreuses fois.
Évidemment, une audience comme celle-là ne se construit pas rapidement.
Elle se construit progressivement, à mesure que des personnes découvrent votre travail et décident qu’elles ont envie de continuer à le suivre.
C’est pour cela que je pense qu’il faut commencer tôt, même lorsque la liste ne contient encore que quelques personnes.
Et contrairement aux réseaux sociaux, je ne dépends pas uniquement d’un algorithme pour essayer de retrouver les personnes qui ont choisi de me suivre.
Sur un réseau social, quelqu’un peut s’abonner à mon compte et ne voir qu’une petite partie de ce que je publierai ensuite.
Les plateformes décident quelles publications apparaissent dans son fil, dans quel ordre, et mélangent aujourd’hui le contenu des comptes qu’il suit avec de nombreuses recommandations.
On peut donc avoir construit une audience pendant des années sans être certain de pouvoir réellement la toucher lorsque l’on publie quelque chose.
Et lorsqu’on souhaite augmenter cette portée, les plateformes proposent évidemment de payer pour promouvoir ses publications.
Avec une newsletter, la relation est beaucoup plus directe.
La personne m’a volontairement donné son adresse email parce qu’elle souhaitait continuer à suivre mon travail.
Je ne suis évidemment pas certain qu’elle ouvrira chaque message, mais je peux au moins lui écrire directement sans qu’un réseau social décide au préalable si mon contenu mérite d’apparaître dans son fil.
Cela ne signifie évidemment pas que chaque email provoquera une vente.
Ce n’est d’ailleurs pas le but.
L’intérêt est surtout de rester présent, de montrer l’évolution de son travail et de construire progressivement une relation avec des personnes qui ont déjà manifesté un intérêt pour ce que l’on fait.
Trouver quelqu’un qui apprécie réellement votre travail est difficile. Une fois que vous l’avez trouvé, il serait dommage de repartir de zéro à chaque nouvelle œuvre.
Il y a aussi un autre problème qui apparaît très vite : la langue.
Avec les réseaux sociaux, une audience peut devenir internationale presque naturellement. Mais gérer une newsletter multilingue avec plusieurs outils peut vite devenir compliqué.
Dans Khroma, nous avons voulu supprimer cette mécanique : l’artiste écrit sa newsletter dans sa propre langue, puis Khroma peut la traduire et envoyer à chaque abonné la version correspondant à sa langue.
Pour moi, c’est exactement le type d’automatisation qui a du sens : l’artiste reste celui qui écrit et qui communique, Khroma s’occupe de toute la mécanique autour.
YouTube m’a apporté des acheteurs, mais je n’ai jamais vraiment exploité ce potentiel
YouTube a joué un rôle énorme dans mon parcours.
Ma chaîne compte aujourd’hui autour de 800 000 abonnés et mes vidéos ont cumulé des millions de vues.
Une grande partie de cette audience est venue pour regarder mes démonstrations de peinture, apprendre des techniques ou simplement voir comment je travaillais.
Cette audience a d’ailleurs été extrêmement efficace pour développer mes cours de peinture, puis mes pochoirs, parce que ces produits correspondaient directement à ce que les gens venaient chercher dans mes vidéos.
YouTube m’a aussi apporté des acheteurs de tableaux.
Je le sais parce que certains clients m’ont expliqué avoir découvert mon travail grâce à mes vidéos avant d’acheter une de mes œuvres.
Mais avec le recul, je pense que ce nombre aurait pu être beaucoup plus important.
Le problème n’était pas l’audience.
J’avais près de 800 000 abonnés et des millions de vues.
Le problème, c’est que pendant des années, je n’ai pratiquement jamais expliqué à cette audience que mes œuvres étaient à vendre ni où elle pouvait les acheter.
Je ne présentais presque jamais mes nouvelles œuvres disponibles et je faisais très peu le lien entre mes vidéos et mon site d’artiste.
À tel point qu’aujourd’hui encore, des personnes qui me suivent depuis longtemps me demandent :
« Est-ce que vous vendez vos tableaux ? »
Alors que vendre mes œuvres est finalement mon premier métier.
Avec le recul, je trouve cela assez révélateur.
Je montrais mes tableaux en train de naître sous leurs yeux, mais je laissais les personnes intéressées découvrir seules qu’elles pouvaient les acheter.
Je pense donc que YouTube aurait probablement pu m’apporter bien davantage de ventes d’œuvres si j’avais créé plus tôt des passerelles claires entre mes vidéos et mon site.
Cela m’a appris quelque chose d’important :
une audience peut réellement vous apporter des clients, mais il faut lui montrer le chemin.
Cela ne veut pas dire transformer chaque vidéo ou chaque publication en publicité.
Il suffit parfois de dire naturellement qu’une œuvre est disponible, montrer où la retrouver, parler de son histoire ou inviter les personnes intéressées à découvrir les autres tableaux sur son site.
La taille de l’audience compte évidemment.
Mais la raison pour laquelle elle vous suit compte tout autant.
Parmi 800 000 abonnés venus en grande partie pour apprendre ou regarder de la peinture, tout le monde ne deviendra jamais collectionneur.
Mais sur des millions de vues, une partie de ces personnes peut aussi tomber amoureuse d’une œuvre et avoir envie de la posséder.
Encore faut-il ne pas lui compliquer la tâche.
Donner aux gens une raison de vous suivre
Je pense que montrer son travail est l’une des meilleures façons de créer une relation autour de son art.
Pendant des années, les gens ont regardé mes vidéos parce qu’ils aimaient voir une toile évoluer.
Au début, il n’y avait qu’une toile vierge. Puis les couleurs arrivaient, les formes apparaissaient et le tableau se construisait progressivement.
Il y avait déjà une histoire dans le processus de création lui-même.
Et c’est probablement l’une des grandes forces du contenu pour un artiste.
On ne montre plus seulement :
« voici un tableau terminé, il coûte 1 000 €. »
On peut montrer tout ce qu’il y a autour.
Le processus de création.
Les choix.
Les hésitations.
Les techniques.
L’atelier.
L’idée derrière une œuvre.
Une expérimentation qui n’a pas fonctionné.
Une nouvelle série.
Ou simplement la personne qui se trouve derrière les tableaux.
Cela donne aux gens une raison de revenir, même lorsqu’ils ne sont pas en train d’acheter une œuvre.
Parce que si toutes mes publications se résument à :
« Nouveau tableau disponible, achetez-le ici »,
je ne suis pas certain que beaucoup de personnes aient envie de me suivre pendant dix ans.
Tous les artistes n’ont évidemment pas envie de devenir vidéastes ou de raconter leur vie sur Internet.
Et ce n’est pas nécessaire.
Mais je pense qu’il faut trouver ce que l’on a envie de montrer autour de son travail.
Parce que les gens ne suivent pas seulement une succession de tableaux.
Ils peuvent aussi s’attacher à une manière de travailler, à un univers et à la personne qui le construit.
Les réseaux sociaux peuvent vite devenir le premier métier
Il y a malgré tout un problème que j’ai ressenti de plus en plus avec les années :
tout cela prend énormément de temps.
Créer une œuvre prend du temps.
La photographier prend du temps.
Préparer une vidéo, la filmer et la monter prend du temps.
Publier sur Instagram, faire des stories, répondre aux commentaires et aux messages prend du temps.
Puis il faut recommencer.
À force, toute cette communication peut finir par devenir le premier métier, et la création passer au second plan.
Et le plus frustrant est qu’il n’y a pas toujours de rapport entre le temps consacré à un contenu et le résultat obtenu.
On peut passer des heures sur une publication qui sera très peu vue, puis en publier une autre presque spontanément qui fonctionnera beaucoup mieux.
Il y a une partie que l’on ne contrôle pas.
C’est pour cela que je ne conseillerais pas forcément à un artiste d’essayer d’être présent partout.
YouTube, Instagram, Facebook, TikTok, Pinterest…
À cela peuvent encore s’ajouter un blog et une newsletter.
À un moment, il faut aussi trouver le temps de peindre.
Si je devais choisir, je préférerais un ou deux canaux qui correspondent réellement à ma manière de travailler, utilisés régulièrement et correctement, plutôt que d’essayer d’être partout sans avoir le temps de bien faire quoi que ce soit.
Et la publicité payante ?
Il existe évidemment une autre manière d’obtenir de la visibilité : payer pour en obtenir.
Meta Ads, Google Ads et d’autres plateformes permettent aujourd’hui de présenter son travail à des personnes qui ne vous connaissent pas encore.
Mais dans mon cas, la publicité payante n’a jamais réellement fait partie de ma stratégie pour vendre mes œuvres.
J’ai fait quelques essais ponctuels avec Google Ads il y a longtemps, mais rien que je puisse considérer comme une véritable stratégie publicitaire ni comme une expérience suffisamment sérieuse pour en tirer des conclusions.
Mes ventes de tableaux se sont surtout construites autrement : grâce à mon site, Google, YouTube, ma newsletter, mes clients existants et le bouche-à-oreille.
Je connais en revanche beaucoup mieux la publicité Meta dans une autre partie de mon activité, puisque je l’utilise aujourd’hui pour vendre mes pochoirs avec de bons résultats.
Mais vendre un produit à quelques dizaines d’euros et vendre une œuvre originale à plusieurs centaines ou plusieurs milliers d’euros sont deux choses très différentes.
Je préfère donc ne pas transformer quelques anciens essais en méthode universelle pour vendre de l’art.
Il y a malgré tout une chose que mon expérience avec la publicité pour mes pochoirs m’a apprise : avant de payer pour envoyer des visiteurs sur une page, il faut déjà s’assurer que cette page fait correctement son travail.
Photographies, informations essentielles, prix, réassurance, expédition, présentation de l’œuvre, simplicité du parcours d’achat… tout cela doit déjà être solide avant de chercher à acheter davantage de trafic.
La publicité peut amener des visiteurs.
Elle ne corrige pas une mauvaise page.
Si je devais tester sérieusement la publicité pour mes œuvres aujourd’hui, c’est donc par là que je commencerais : m’assurer d’abord que la page vers laquelle j’envoie les visiteurs donne réellement à l’œuvre toutes les chances d’être achetée.
La publicité mérite un sujet à part entière, avec ses propres stratégies, ses tests et ses chiffres.
Fidéliser ses acheteurs après une vente
On parle beaucoup de la manière de trouver des acheteurs.
Mais une fois que quelqu’un a acheté une œuvre, le travail n’est pas complètement terminé.
Il faut répondre correctement à ses messages.
Le tenir informé de l’expédition.
Emballer soigneusement l’œuvre.
Faire en sorte qu’elle arrive dans de bonnes conditions.
Et lorsqu’un problème survient, essayer de le régler rapidement.
Tout cela peut sembler assez éloigné de la création artistique, mais pour l’acheteur, cela fait partie de l’expérience d’achat de l’œuvre.
Et cette expérience compte.
C’est quelque chose que j’ai également beaucoup constaté avec Mes-Pochoirs, où nous gérons un volume de commandes bien plus important.
La relation avec le client est primordiale. Il doit se sentir respecté avant, pendant et après son achat.
Un problème peut toujours arriver. Un colis peut être retardé, endommagé ou une erreur peut être commise.
Ce qui compte énormément, c’est aussi la manière dont on réagit lorsque cela arrive.
Une œuvre originale peut ensuite rester accrochée pendant des années dans une maison.
Des amis viennent, quelqu’un la remarque, demande qui l’a peinte, et votre nom commence à circuler.
Je n’ai évidemment aucun moyen de savoir combien de ventes me sont arrivées de cette manière.
Mais après des milliers d’œuvres vendues, et l’expérience acquise avec mes autres activités, je sais qu’un client satisfait peut devenir bien plus qu’une transaction terminée.
La manière dont on traite une vente aujourd’hui peut avoir une influence sur les ventes de demain.
Et avant d’en arriver là, il faut déjà que l’œuvre arrive correctement chez son acheteur.
C’est justement toute la partie moins visible de la vente en ligne : emballage, expédition, factures, taxes et ventes à l’étranger.
Si je repartais de zéro aujourd’hui
Si je devais recommencer aujourd’hui sans abonnés, sans clients et sans personne qui connaisse mon nom, je n’essaierais surtout pas de tout faire immédiatement.
Je commencerais par construire correctement mon propre site.
J’y publierais mes œuvres avec de bonnes photographies, des informations complètes et des pages suffisamment bien construites pour être utiles aux visiteurs comme à Google.
Je mettrais aussi en place une newsletter très tôt.
Même avec dix abonnés.
Parce qu’une liste de dix personnes réellement intéressées par mon travail vaut déjà mieux qu’une liste qui n’existe pas.
Puis je choisirais probablement un canal principal pour me faire connaître.
Pour moi, cela a été YouTube.
Pour un autre artiste, cela peut être Instagram, TikTok, un blog ou n’importe quel format dans lequel il se sent suffisamment à l’aise pour publier régulièrement.
Et cette fois, je ferais quelque chose que je n’ai justement pas fait pendant toutes ces années :
je dirais clairement aux gens que mes œuvres sont à vendre et où ils peuvent les trouver.
Puis je travaillerais sur tout cela dans la durée.
Pas pendant trois semaines en attendant qu’un miracle se produise.
Pendant des mois.
Probablement des années.
Je crois que c’est l’une des réalités les moins spectaculaires de la vente d’art en ligne :
la visibilité se construit.
Dans mon cas, tout s’est ajouté progressivement.
Mon site m’a donné un espace à moi.
Google m’a apporté des visiteurs.
YouTube a considérablement développé ma visibilité.
Certains visiteurs sont devenus clients.
Ma newsletter m’a permis de garder le contact avec une partie d’entre eux.
Et d’autres canaux sont venus compléter l’ensemble.
Je ne crois donc pas qu’il existe une source de clients qui remplace toutes les autres.
Mais s’il y a un principe que je retiens de tout cela, c’est celui-ci :
essayer de transformer progressivement la visibilité que l’on obtient ailleurs en une audience avec laquelle on peut construire une relation dans le temps.
C’est probablement ce que je chercherais à construire en priorité si je devais tout recommencer aujourd’hui.
Une fois les premières ventes arrivées, une autre réalité apparaît rapidement.
Il faut emballer les œuvres.
Les expédier.
Faire les factures.
Comprendre les cotisations, la TVA, les retours et les ventes à l’étranger.
C’est une partie beaucoup moins artistique du métier.
Mais si l’on veut vendre sérieusement en ligne, il faut aussi savoir comment elle fonctionne.
C’est ce que nous allons voir dans la prochaine partie.
6. Comment emballer et expédier une œuvre d’art
Lorsque l’on réalise sa première vente en ligne, c’est un moment assez particulier.
On est très content d’avoir vendu le tableau. Puis on regarde l’œuvre, on regarde le carton, et on se dit :
« Maintenant, il faut que ce tableau arrive entier chez le client. »
Au début, expédier une œuvre peut sembler assez inquiétant, surtout lorsqu’elle doit traverser la France ou partir à l’autre bout du monde.
Après vingt ans à expédier des œuvres, j’ai constaté que les vrais problèmes restent assez rares lorsque l’emballage est correctement fait.
Dans mes souvenirs, sur toutes ces années, peut-être 10 à 15 tableaux ont été perdus ou sérieusement endommagés pendant le transport.
Sur plusieurs milliers d’envois, cela reste marginal.
Cela ne veut évidemment pas dire qu’il faut prendre l’expédition à la légère. Mais je le précise aussi pour rassurer les artistes qui imaginent parfois qu’envoyer un tableau est une opération extrêmement risquée.
Comment emballer un tableau pour l’expédier
Ma méthode n’a rien de particulièrement sophistiqué.
J’utilise principalement du papier bulle et un seul format de plaques de carton que je plie et adapte moi-même à la taille de chaque œuvre.
Cela m’évite de stocker de nombreux formats de cartons différents.
Je protège soigneusement l’œuvre avec le papier bulle.
Et je n’hésite pas sur la quantité.
Je ne fais pas simplement un tour autour du tableau : j’en mets plusieurs couches, jusqu’à obtenir une vraie épaisseur de protection. Pour donner un ordre d’idée, je cherche facilement à avoir environ 5 cm de protection de chaque côté.
Ensuite seulement, je construis autour une enveloppe suffisamment rigide avec le carton.
Ce qui m’importe surtout, c’est que le tableau ne puisse pas bouger librement à l’intérieur de l’emballage et que ses angles soient correctement protégés.
Pour les œuvres très grandes ou certaines commandes spéciales, je vais beaucoup plus loin.
Il m’est arrivé d’acheter des caisses spécialement prévues pour le transport, avec un carton extrêmement épais — autour de 3 cm — et une palette intégrée sous la caisse.
Et pour une œuvre particulièrement grande, fragile ou précieuse, on peut aller jusqu’à la caisse en bois.
Il n’y a donc pas un seul emballage valable pour toutes les situations.
Tout dépend de l’œuvre, de sa taille, de sa valeur et de l’endroit où elle doit être expédiée.
Depuis plusieurs années, j’utilise principalement UPS.
À titre d’ordre de grandeur, mes expéditions me coûtent souvent autour de 20 € pour la France, 30 € vers l’Allemagne et environ 70 € vers les États-Unis.
Ce sont mes propres tarifs et ils peuvent évidemment varier énormément selon le format, le poids, la destination, le transporteur et les conditions négociées.
Mais je trouve utile de donner de vrais chiffres, parce que lorsque j’ai commencé, j’aurais moi-même aimé savoir à peu près ce que pouvait coûter l’expédition d’un tableau.
L’assurance est importante, mais le meilleur réflexe reste un bon emballage
Même avec un très bon emballage, un accident reste possible.
Un colis peut être perdu, écrasé ou arriver sérieusement endommagé.
C’est pour cette raison que l’assurance peut être utile, surtout lorsque la valeur de l’œuvre devient importante.
Mais avec les années, j’ai aussi appris à ne pas compter uniquement sur elle.
Mon expérience avec les assurances transport s’est d’ailleurs un peu dégradée ces dernières années. Certaines démarches peuvent être longues, compliquées et demander de nombreux justificatifs avant d’obtenir une indemnisation.
Je ne considère donc jamais l’assurance comme une garantie automatique d’être remboursé facilement.
Pour moi, la priorité reste d’abord de faire un colis suffisamment solide pour donner à l’œuvre les meilleures chances d’arriver intacte.
L’assurance vient ensuite, comme une protection supplémentaire lorsque malgré toutes les précautions, quelque chose se passe mal.
Il faut alors regarder précisément les conditions du transporteur, conserver les justificatifs permettant de prouver la valeur de l’œuvre et, idéalement, garder également des traces de son état et de son emballage avant l’expédition.
Je reviendrai sur toute ma méthode d’emballage et d’expédition dans un guide dédié.
Pour mes éditions, je préfère laisser le laboratoire s’en charger
Pour mes éditions limitées, j’ai choisi un fonctionnement différent.
Quand quelqu’un commande une édition sur mon site, je passe la commande au laboratoire avec lequel je travaille. Il imprime l’exemplaire et l’expédie directement au client.
Cela m’évite de stocker des tirages chez moi, de préparer encore des colis et de passer du temps sur une partie du travail que le laboratoire sait très bien gérer.
Évidemment, je perds un peu de contrôle sur l’expédition.
Et j’ai d’ailleurs constaté, proportionnellement, davantage de problèmes de casse sur certaines éditions envoyées directement par le laboratoire que sur mes tableaux originaux que j’emballe moi-même.
La raison me paraît assez simple : leurs emballages sont moins généreux que les miens en matière de protection. Ils doivent aussi maîtriser leurs coûts et le temps passé sur chaque colis, ce qui peut parfaitement se comprendre pour des impressions qui peuvent être reproduites.
Lorsqu’un problème arrive, le laboratoire peut généralement réimprimer l’exemplaire et le renvoyer.
Avec une œuvre originale, évidemment, on ne peut pas simplement en imprimer une nouvelle.
Et cette différence confirme quelque chose que vingt ans d’expéditions m’ont appris :
mieux vaut mettre un peu trop de protection que pas assez.
Pour moi, déléguer les éditions reste donc un bon compromis. Mais pour mes œuvres originales, je préfère garder la main sur l’emballage.
Vendre à l’étranger : les États-Unis sont finalement devenus mon premier marché
J’ai vendu mes œuvres dans de nombreux pays et, au fil des années, les États-Unis sont même devenus mon premier marché.
Quand je repense à mes débuts, je trouve cela assez extraordinaire.
Internet permet à un artiste installé en France de montrer son travail à quelqu’un qui vit à plusieurs milliers de kilomètres et de lui vendre directement une œuvre.
Mais pour réellement profiter de cette possibilité, il ne suffit pas d’accepter les expéditions internationales.
Il faut aussi que les gens puissent comprendre votre site.
Pour développer mes ventes aux États-Unis, il a donc fallu proposer mon travail en anglais, puis gérer progressivement un site multilingue.
Et sur le papier, cela paraît assez simple.
On pourrait se dire qu’il suffit de traduire les textes.
En réalité, un site multilingue peut rapidement devenir beaucoup plus compliqué à gérer qu’un site dans une seule langue.
Il faut traduire les pages, les fiches d’œuvres, les informations pratiques, parfois les emails, les éléments liés au référencement, puis s’assurer que chaque langue affiche bien le bon contenu au bon endroit.
Et lorsque le système n’a pas été pensé dès le départ pour fonctionner ainsi, les problèmes peuvent vite s’accumuler.
Ajouter une langue ne revient donc pas simplement à ajouter une traduction. Cela ajoute aussi une nouvelle couche de gestion technique.
Et plus l’activité grandit, plus cette couche prend de la place.
Au début, quelques pages et quelques œuvres peuvent encore être gérées assez facilement à la main.
Puis le catalogue s’agrandit.
De nouvelles pages apparaissent.
Les textes évoluent.
Les langues se multiplient.
Et chaque modification finit par devoir être répercutée à plusieurs endroits.
C’est comme cela que des tâches qui paraissaient assez petites au départ commencent progressivement à représenter beaucoup d’heures de travail.
Pendant longtemps, j’ai absorbé une grande partie de ce travail moi-même.
Puis, à mesure que mon activité s’est développée, cela n’était tout simplement plus réaliste.
J’ai donc commencé à déléguer certaines fiches, les traductions et une partie de la gestion de mes sites.
Et c’est là que j’ai compris quelque chose d’assez simple :
ce que l’on ne paie plus avec son temps, on finit souvent par le payer avec de l’argent.
C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles j’ai voulu que le multilingue soit pensé dès le départ dans Khroma, plutôt que d’être ajouté plus tard comme une couche supplémentaire.
L’artiste crée son contenu dans sa propre langue, Khroma peut générer les autres versions et il reste libre de les modifier.
L’idée est simple : permettre à l’artiste de vendre à l’étranger sans avoir à gérer lui-même toute la mécanique d’un site multilingue.
Et malgré toute cette complexité, je pense que l’ouverture internationale en vaut largement la peine.
Si j’étais resté concentré uniquement sur le marché français, je me serais privé d’une part énorme de mes ventes.
Mais la langue n’est évidemment qu’une partie de la vente internationale.
Il faut aussi réussir à faire arriver l’œuvre chez le client.
Lorsque j’envoie un tableau aux États-Unis, par exemple, le colis quitte l’Union européenne et doit donc passer par les formalités liées à l’exportation.
Il faut notamment renseigner ce que contient le colis, sa valeur, son origine et sa destination.
La première fois, cela peut sembler assez impressionnant.
Dans la pratique, le transporteur ou le professionnel chargé du dédouanement peut accompagner une grande partie de ces démarches.
Pour une entreprise qui effectue des opérations de dédouanement avec des pays situés hors de l’Union européenne, il faut également disposer d’un numéro EORI, qui sert à l’identifier auprès des autorités douanières.
Là encore, tout cela paraît beaucoup plus compliqué avant de l’avoir fait une première fois.
Après quelques expéditions, ce sont surtout des procédures que l’on apprend à connaître.
Et quand je pense au nombre d’œuvres que j’ai vendues aux États-Unis au fil des années, je trouverais vraiment dommage de renoncer à des acheteurs étrangers uniquement parce que la douane paraît intimidante.
7. Vendre ses œuvres légalement : statut, TVA, factures et droits d’auteur
Déclarer la vente de ses œuvres : les bases en France
Au début, on pense surtout à une chose : vendre ses œuvres.
Puis, lorsque les ventes deviennent régulières, une autre question arrive forcément :
comment est-ce que je déclare tout ça ?
Et c’est là que beaucoup d’artistes commencent à se perdre.
En France, il existe des règles spécifiques pour les artistes qui vendent leurs propres œuvres.
Selon votre situation, vous devrez déclarer votre activité, vos revenus et payer les cotisations correspondantes.
La manière exacte de le faire dépend ensuite de plusieurs choses : combien vous gagnez, quelles dépenses vous avez, ce que vous vendez et la façon dont votre activité est organisée.
C’est là qu’apparaissent des termes comme artiste-auteur, BNC, micro-BNC ou déclaration contrôlée.
Je pourrais tous les expliquer ici.
Mais ce serait probablement la meilleure manière de rendre cette partie illisible.
Le plus important à retenir est beaucoup plus simple :
si vendre vos œuvres devient une véritable activité, il faut aussi la déclarer correctement.
Ensuite, il faut regarder quel fonctionnement correspond à votre situation.
Et pour ça, je préfère consacrer un guide entier au sujet plutôt que de vous donner cinq termes administratifs en trois paragraphes et vous laisser encore plus perdu qu’avant.
TVA et vente d’œuvres d’art : les bases à connaître
Quand j’ai commencé à vendre mes tableaux, je ne me demandais évidemment pas comment fonctionnait la TVA.
Je peignais, je vendais, et j’avais déjà suffisamment de choses à apprendre.
Mais lorsque l’activité commence à grandir, cette question finit elle aussi par arriver :
est-ce que je dois ajouter de la TVA au prix de mes œuvres ?
La TVA est simplement une taxe que l’entreprise peut devoir ajouter à ses ventes, encaisser auprès du client, puis reverser à l’État.
En France, il existe cependant un système qui permet, tant que certaines conditions sont respectées, de ne pas facturer cette TVA.
C’est ce qu’on appelle la franchise en base de TVA.
Dans ce cas, le fonctionnement est assez simple : vous ne rajoutez pas de TVA à vos ventes. En contrepartie, vous ne récupérez pas non plus la TVA que vous payez sur vos dépenses professionnelles.
Puis, lorsque l’activité dépasse certaines limites ou que la situation change, on peut devenir redevable de la TVA.
Et là, les choses commencent à demander un peu plus d’attention.
Parce qu’un tableau original, une reproduction, une édition ou un autre produit vendu par l’artiste ne sont pas forcément traités exactement de la même manière.
Et si l’on commence à vendre dans plusieurs pays, une nouvelle couche de règles peut encore venir s’ajouter.
Je ne vais donc volontairement pas mettre ici une liste de seuils, de taux et d’exceptions.
Ils peuvent évoluer et, surtout, comprendre le principe est beaucoup plus important à ce stade que mémoriser des chiffres.
Le jour où votre activité commence réellement à être concernée par la TVA, c’est le moment de vérifier précisément les règles applicables à ce que vous vendez.
Facturer la vente d’une œuvre d’art : ce qu’il faut prévoir
Lorsqu’on vend sa première œuvre, on pourrait croire qu’une facture consiste simplement à écrire le nom du client, le prix du tableau et la date.
En réalité, c’est un peu plus compliqué que cela.
Une facture doit comporter un certain nombre d’informations précises.
Certaines dépendent de votre situation.
D’autres de la TVA.
Il faut respecter une numérotation cohérente, conserver les documents, pouvoir les retrouver, et savoir quoi faire lorsqu’une vente est annulée ou remboursée.
Et comme souvent avec l’administration, ce sont les petits détails qui rendent le sujet pénible.
Une mention oubliée.
Une TVA mal appliquée.
Une facture à corriger.
Un avoir à créer.
Une règle qui a changé entre-temps.
Puis les ventes commencent à s’accumuler.
Et avec elles, toutes ces petites obligations aussi.
C’est là que le problème devient vraiment visible.
Ce n’est pas seulement le temps passé à créer une facture.
C’est le fait de devoir connaître les règles, penser à les appliquer correctement, puis répéter le processus à chaque vente.
Et c’est exactement le genre de chose que j’ai voulu éviter autant que possible dans Khroma.
Lorsqu’une œuvre est vendue, la plateforme connaît déjà l’artiste, le client, l’œuvre, le prix et la transaction.
Pourquoi demander ensuite à l’artiste de reprendre toutes ces informations dans un autre outil simplement pour créer sa facture ?
Dans Khroma, la facture peut être générée automatiquement à partir de la vente.
Et si la commande est ensuite remboursée, l’avoir correspondant peut lui aussi être créé automatiquement.
L’artiste doit évidemment renseigner correctement sa situation et vérifier que ses informations sont à jour.
Mais ensuite, je pars d’un principe simple :
si le système possède déjà les informations nécessaires pour effectuer correctement une tâche répétitive, il ne devrait pas demander à l’artiste de la refaire manuellement.
Un client peut-il changer d’avis après avoir acheté une œuvre ?
C’est une question à laquelle on ne pense pas forcément lorsqu’on vend son premier tableau en ligne.
Et pourtant, en France comme dans l’Union européenne, lorsqu’un professionnel vend un bien à distance à un particulier, le client dispose en principe d’un délai de 14 jours après réception pour changer d’avis.
Autrement dit, le fait qu’un tableau soit une œuvre originale ou une pièce unique ne suffit pas automatiquement à supprimer ce droit.
Il existe cependant des exceptions.
C’est notamment le cas lorsqu’un bien a été réalisé selon les demandes précises du client ou nettement personnalisé.
La différence est importante.
Un tableau que j’ai déjà peint puis mis en vente sur mon site n’est pas la même chose qu’une œuvre que je réalise spécialement pour un client selon ses demandes.
Je ne vais pas entrer ici dans tous les cas particuliers.
Mais si vous vendez vos œuvres en ligne, il faut simplement savoir que le droit de rétractation existe et qu’une œuvre unique n’en est pas automatiquement exclue.
Vendre le tableau ne signifie pas vendre les droits sur l’œuvre
Il y a un autre point que je trouve important parce qu’il est beaucoup plus simple qu’il n’en a l’air.
Lorsqu’un client achète l’un de mes tableaux, le tableau physique lui appartient.
Il peut l’accrocher chez lui.
L’offrir.
Le revendre.
Mais cela ne signifie pas qu’il devient l’auteur de l’œuvre ni qu’il récupère automatiquement tous les droits permettant de l’exploiter.
Acheter le tableau ne transfère donc pas automatiquement les droits d’auteur à l’acheteur.
Par exemple, acheter un de mes tableaux ne donne pas automatiquement le droit d’en faire 500 affiches, de vendre des tee-shirts avec son image ou de l’utiliser dans une campagne publicitaire.
Le tableau lui appartient. L’œuvre reste la mienne en tant qu’auteur.
L’artiste conserve également en France un droit moral, qui protège notamment son nom et le respect de son œuvre.
Là encore, il existe évidemment beaucoup de détails et de situations particulières.
Mais le principe à retenir est simple :
vendre une œuvre originale et céder les droits permettant de la reproduire ou de l’exploiter sont deux choses différentes.
Si l’on souhaite céder certains de ces droits, cela doit être prévu séparément.
Sources officielles pour vérifier les règles
Pour les points réglementaires de cette partie, les références à consulter en priorité sont impots.gouv.fr pour la TVA, la Douane française pour le numéro EORI, ainsi que le Code de la consommation sur le droit de rétractation et le Code de la propriété intellectuelle sur les droits attachés à l’œuvre et à son support matériel.
Vous n’avez pas besoin de maîtriser tout cela avant de commencer
Mis bout à bout, l’expédition, les assurances, la douane, les déclarations, la TVA, les factures, les retours et les droits d’auteur peuvent donner l’impression qu’il faut tout comprendre avant de vendre son premier tableau.
Ce n’est pas le cas.
Je n’ai certainement pas commencé en sachant faire tout cela.
J’ai appris au fur et à mesure que les problèmes se présentaient.
La première fois que j’ai dû expédier un tableau, j’ai appris à l’emballer.
Lorsque j’ai commencé à vendre à l’étranger, j’ai appris ce dont j’avais besoin pour le faire.
Et lorsque mon activité a grandi, de nouvelles questions sont apparues.
C’est probablement le conseil le plus important pour toute cette partie :
ne cherchez pas à tout maîtriser avant votre première vente. Apprenez ce dont vous avez besoin au moment où vous en avez besoin.
Et lorsqu’un sujet devient suffisamment important ou complexe, faites-vous accompagner plutôt que d’essayer de devenir à la fois artiste, comptable, fiscaliste et juriste.
Conclusion : construire autour de son art sans perdre de vue l’essentiel
Quand j’ai mis mes premiers tableaux sur eBay en septembre 2005, je n’avais aucune idée de tout ce que j’allais devoir apprendre par la suite.
Je voulais peindre.
Je voulais vendre suffisamment pour acheter de nouvelles toiles, de la peinture et continuer.
C’était à peu près toute ma stratégie.
Puis une vente en a amené une autre.
J’ai appris à mieux photographier mes œuvres.
À les présenter.
À fixer mes prix.
À les emballer.
À créer mon propre site.
À attirer des visiteurs.
À vendre à l’étranger.
À communiquer avec les personnes qui appréciaient mon travail.
Et progressivement, j’ai construit toute une activité autour de ma peinture.
Plus de vingt ans plus tard et après des milliers d’œuvres vendues, je ne crois toujours pas qu’il existe une formule magique pour vendre son art en ligne.
Mais il y a une chose dont je suis convaincu :
vendre une œuvre ne consiste pas simplement à la mettre sur Internet et attendre que quelqu’un l’achète.
Il faut créer les conditions qui permettent à cette rencontre d’avoir lieu.
Quelqu’un doit pouvoir découvrir votre travail.
Comprendre ce que vous faites.
Voir correctement l’œuvre.
Connaître son prix.
Avoir suffisamment confiance pour l’acheter.
Pouvoir payer facilement.
Recevoir son tableau dans de bonnes conditions.
Et, idéalement, avoir envie de continuer à suivre votre travail.
Tout cela se construit.
Ne cherchez pas à reproduire le parcours d’un autre artiste
Mon parcours est le mien.
J’ai beaucoup vendu sur eBay, construit mes propres sites, reçu énormément de visiteurs grâce à Google, développé ma visibilité avec YouTube, travaillé avec des galeries et vendu en France comme à l’étranger.
Mais cela ne signifie absolument pas qu’un artiste qui commence aujourd’hui doit suivre les mêmes étapes.
Internet a changé. Les plateformes et les outils aussi.
Et surtout, les artistes sont différents.
Certains seront très à l’aise devant une caméra. D’autres préféreront écrire. Certains développeront leur activité grâce aux réseaux sociaux, d’autres grâce à Google, une galerie, une marketplace, des salons ou une communauté locale.
Il n’y a pas besoin d’être partout.
Il faut surtout comprendre ce que chaque canal peut apporter et construire quelque chose qui corresponde à sa façon de travailler.
Une première vente n’est que le début
Réussir à vendre un tableau est une chose.
Construire une activité capable d’en vendre régulièrement en est une autre.
Après une vente, je trouve beaucoup plus intéressant de se demander pourquoi elle a eu lieu.
Comment cette personne a-t-elle découvert mon travail ?
Qu’est-ce qui lui a donné envie d’acheter cette œuvre ?
Qu’est-ce qui lui a donné suffisamment confiance pour payer ?
Et surtout : pourra-t-elle facilement retrouver mon travail dans six mois ou dans deux ans ?
Petit à petit, l’objectif est de construire quelque chose qui rende la vente suivante un peu moins dépendante du hasard.
C’est là que le site, Google, les contenus, la newsletter, les clients existants et tous les autres éléments dont nous avons parlé commencent à fonctionner ensemble.
Et surtout, continuer à faire de l’art
Il reste pourtant un piège.
À force de construire tout ce qui permet de vendre son travail, on peut finir par passer énormément de temps à faire autre chose que créer.
Je connais très bien ce problème.
Un site à gérer.
Des œuvres à publier.
Des textes à écrire.
Des traductions.
Des clients.
Des expéditions.
Des factures.
De l’administration.
Et toutes ces petites tâches finissent par représenter énormément de temps.
C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles j’ai créé Khroma.
Pas parce que je pense qu’un outil peut construire une carrière artistique à la place d’un artiste.
Il ne peut pas créer une bonne œuvre à votre place.
Il ne peut pas construire votre univers.
Il ne peut pas obliger quelqu’un à aimer votre travail.
Et il ne peut évidemment pas garantir que vous vendrez.
Mais il peut essayer de supprimer une partie du travail technique, administratif et répétitif qui s’accumule autour de la création.
Après plus de vingt ans, mon objectif n’a finalement pas énormément changé par rapport à celui que j’avais lorsque j’ai vendu mes premiers tableaux.
Continuer à peindre.
Tout le reste devrait servir à rendre cela possible.
Vendez votre art en ligne avec Khroma
Votre site d’artiste, avec la possibilité de candidater à la marketplace.
Questions fréquentes sur la vente d’œuvres en ligne
Comment vendre ses œuvres en ligne quand on est artiste ?
Il faut commencer simplement : une œuvre à vendre, un prix clair et un endroit où quelqu’un peut réellement l’acheter.
Ensuite, il faut donner envie et confiance : de bonnes photographies, suffisamment d’informations sur l’œuvre, un paiement simple et des conditions de livraison claires.
Puis vient le problème principal : faire découvrir votre travail.
Cela peut passer par Google, les réseaux sociaux, YouTube, une marketplace, des expositions ou d’autres canaux.
Vous n’avez pas besoin de tout mettre en place dès le premier jour.
Commencez avec quelques œuvres correctement présentées, puis améliorez progressivement votre système.
Où vendre ses œuvres d’art sur Internet ?
Les deux grandes possibilités sont les marketplaces et votre propre site.
Une marketplace peut vous permettre de profiter d’une audience déjà existante, mais vous êtes présenté au milieu de nombreux autres artistes.
Votre propre site demande davantage de travail pour attirer des visiteurs, mais il vous permet de présenter votre univers sans concurrence autour de vos œuvres et de construire une relation directe avec vos acheteurs.
Pour moi, les deux peuvent très bien fonctionner ensemble.
C’est d’ailleurs le principe de Khroma : permettre à chaque artiste de créer son propre site et, s’il le souhaite, de candidater séparément pour publier ses œuvres sur la marketplace.
Faut-il avoir son propre site pour vendre ses œuvres ?
Non.
J’ai moi-même commencé à vendre mes tableaux sur eBay avant d’avoir mon propre site.
Mais si vous souhaitez construire votre activité sur plusieurs années, je pense qu’un site personnel devient extrêmement important.
C’est un espace qui vous appartient, où vous pouvez présenter votre travail, vos œuvres disponibles, votre parcours et permettre aux personnes intéressées de vous retrouver facilement.
C’est aussi vers lui que peuvent converger Google, les réseaux sociaux, YouTube, une marketplace ou votre newsletter.
Si je devais recommencer aujourd’hui, je construirais donc mon propre site très tôt.
Comment fixer le prix d’un tableau ou d’une œuvre d’art ?
Il n’existe pas de formule universelle permettant de fixer automatiquement le « bon » prix d’une œuvre.
L’important est surtout de construire une logique de prix cohérente.
Le format, la technique, vos coûts, votre parcours, les prix de vos autres œuvres, vos ventes précédentes et la demande pour votre travail peuvent servir de repères.
Personnellement, j’ai utilisé très tôt une formule basée sur les dimensions de mes tableaux. Elle ne décidait pas à ma place de la valeur de mon travail, mais elle me donnait une base cohérente pour fixer mes prix et les faire évoluer progressivement au fil des années.
Il faut également penser à ce qu’il vous restera réellement après les éventuelles commissions, frais de paiement, emballage, transport et taxes.
Pour aider les artistes à partir d’une base plutôt que d’un chiffre choisi au hasard, nous avons d’ailleurs créé sur Khroma un calculateur de prix pour les œuvres d’art.
Il ne prétend évidemment pas déterminer la valeur d’une œuvre. Son rôle est plutôt d’aider à construire un prix cohérent à partir de plusieurs critères et à disposer d’un point de départ que l’artiste reste libre d’ajuster.
→ Outil gratuit : calculateur de prix d’une œuvre sur Khroma
Faut-il déclarer son activité pour vendre ses œuvres ?
Si vous créez des œuvres dans le but de les vendre et que les ventes deviennent une véritable activité, il faut aussi s’occuper de la déclarer correctement.
En France, il existe des règles spécifiques aux artistes et plusieurs manières de déclarer les revenus selon la situation.
C’est là qu’apparaissent des termes comme artiste-auteur, BNC ou micro-BNC.
Plutôt que de résumer tout cela en quelques lignes et risquer de rendre les choses encore plus confuses, j’y consacrerai un guide spécifique.
Comment trouver des clients pour vendre ses œuvres ?
Je ne chercherais pas à être partout.
Je commencerais par choisir un moyen principal de me faire découvrir : Google, Instagram, YouTube, une marketplace, des expositions ou un autre canal adapté à mon travail.
Puis j’essaierais de permettre aux personnes réellement intéressées de retrouver facilement mes œuvres et de continuer à me suivre.
Et surtout, je ferais quelque chose que j’ai moi-même négligé pendant très longtemps :
dire clairement que mes œuvres sont à vendre et expliquer où les trouver.
Les gens peuvent apprécier votre travail pendant des années sans forcément savoir qu’ils peuvent l’acheter.
Comment emballer un tableau pour l’expédier ?
Pour mes tableaux, j’utilise principalement plusieurs couches de papier bulle puis des plaques de carton que j’adapte à la taille de l’œuvre.
Je mets volontairement beaucoup de protection : pour donner un ordre d’idée, je peux facilement arriver à environ 5 cm de protection de chaque côté.
Le tableau doit être bien maintenu, les angles protégés et l’emballage suffisamment rigide.
Pour les œuvres très grandes ou particulièrement précieuses, il peut être nécessaire d’utiliser une caisse renforcée, une palette ou même une caisse en bois.
Il vaut généralement mieux mettre un peu trop de protection que pas assez.
Peut-on vendre ses œuvres à l’étranger ?
Oui, et je pense qu’il serait dommage de s’en priver.
Dans mon cas, les États-Unis sont même devenus mon premier marché.
Il faut cependant prévoir quelques éléments supplémentaires : un site compréhensible par l’acheteur, les frais de transport, un emballage adapté et, lorsque l’œuvre quitte l’Union européenne, les formalités douanières nécessaires.
Cela peut sembler compliqué lors des premières expéditions.
Puis, comme beaucoup de choses dans ce métier, on apprend progressivement à le gérer.
Quel type d’art se vend le mieux en ligne ?
Je serais très prudent avec l’idée qu’il existerait un type d’art qui se vend toujours mieux que les autres.
Dans mon propre parcours, mes abstractions se vendaient beaucoup plus facilement au début, alors qu’une quinzaine d’années plus tard, des galeries sont venues me chercher précisément pour mon travail plus orienté street art et Pop Art.
Ce qui se vend peut changer avec le temps, le public et le contexte.
Je préfère donc regarder ce que les ventes m’apprennent sans commencer à créer uniquement en fonction de ce qui semble fonctionner à un moment donné.
Faut-il un certificat d’authenticité pour vendre une œuvre ?
Pour une œuvre originale, je trouve qu’un certificat d’authenticité peut participer à la confiance de l’acheteur et surtout laisser une trace claire de l’œuvre et de son origine.
Il peut notamment reprendre le nom de l’artiste, le titre, la date de création, les dimensions, la technique, le support, une photographie et la signature. Pour une édition, on peut également préciser son numéro.
Le certificat sert avant tout à documenter et identifier l’œuvre. Il ne crée pas l’œuvre et ne transfère pas à lui seul les droits d’auteur.
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